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01 Juin

L’adversité se déchaîne – Une histoire vraie bouleversante (14)

Jean-Luc Hudry, auteur histoire vraie

Une histoire vraie bouleversante

L’adversité n’aime pas qu’on lui résiste. Dans ce nouvel épisode elle se déchaîne…  Bonne découverte de l’épisode 14 d’une histoire vraie bouleversante.

Lire l’histoire depuis le début : Craquer ou pas ? L’incroyable histoire vraie qui améliore la vôtre

Lire l’épisode précédent : Motivation et Résilience : Histoire vraie (épisode 13)

22) Supplices chinois 

Après la décision controversée du Tribunal, les mois passent, la caravane aussi.

Enfin, arrive la plaidoirie devant la Cour d’appel, deuxième chance dont dépend l’avenir de toute la famille.

La Cour confirmera-t-elle l‘avis du Tribunal ?

Si oui, les pensées sombres n’ont pas fini de faire la fête dans ces cinq têtes meurtries, les créanciers dépèceront la carcasse de la bête.

Et les Restos du cœur peuvent prévoir des repas pour Michel et les quatre infortunés associés.

L’attente est insoutenable.

D’autant que cela chauffe sur tous les fronts, et que de cette décision dépend une flopée d’autres  dossiers. Comme si Jeanne et Paul étaient un morceau de viande dans un champ et qu’une nuée de vautours volait en cercle au-dessus d’eux en attendant de pouvoir fondre sur ces proies agonisantes.

Jeanne est rongée par l’anxiété, Paul aussi mais ne dit rien.

Alors Michel fouille dans son sac d’acquis à la recherche d’une aide… qu’il trouve.

Les parents, écoutez-ça s’il vous plaît :

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 Acquis n° 38 : En l’attente d’une importante décision, deviens le troisième œil.

 Jeanne demande :

–         Qu’est-ce que ça veut dire le troisième œil… je ne vois pas.

 Michel répond :

–         Si tu bous de l’intérieur en attendant une importante réponse, un boulot, un résultat d’examen, une vente, bref, tu crées ton propre enfer.

 –         Mais tu te rends compte de l’importance de cette décision ?

Michel, souriant :

–         Oui… un peu Maman, un peu…

Jeanne, rectifiant le tir :

–         Je sais bien, ce que je veux dire c’est qu’on risque de basculer en une seconde et que…

 –         Maman, le troisième œil c’est t’extraire du problème, prendre de la hauteur pour le voir sous un autre angle. Il ne s’agit pas de jouer à Confucius, mais de sortir de ce que tu penses, car tu ne maîtrises qu’une partie du puzzle. Et l’autre morceau du puzzle est détenu par tes interlocuteurs, tu vois ?

 –         Oui, mais comment faire ?

 –         Imagine une pièce, avec les magistrats de la Cour d’un côté du bureau, Papa et toi de l’autre, vous discutez. Maintenant, vois la scène de haut, comme si tu étais au plafond.

Écoute ce qui se dit, des deux côtés du bureau, que remarques-tu ? Que même si tu penses avoir examiné la totalité du problème, ce n’est pas le cas, tu as tes arguments mais les magistrats ont les leurs. Mais si tu n’en restes qu’aux tiens et que tu nourris peurs et angoisses, tu crées ton enfer car tu ne raisonnes que sur une partie du sujet.

Être le troisième œil, c’est s’extraire du problème pour prendre en compte d’autres arguments, d’autres points de vue, c’est élargir ta vision, donc ta réaction, tu comprends ?

–         Oui, je comprends, mais je stresse quand même.

Michel, amusé :

–         Ah bon ? Quelle surprise… alors écoute ceci :

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Acquis n° 39 : Ce qui se produira demain et après-demain est un mirage, une simple illusion. 

–         C’est quoi une illusion dans ce cas-là ?

 –         C’est très simple. Tu peux imaginer que la Cour d’appel va nous envoyer bouler et que c’est la fin des haricots. Tu peux aussi imaginer l’inverse. Dans les deux cas, ce sont des mirages, de simples illusions puisque la décision n’est pas encore rendue, tu comprends ?

Jeanne opine de la tête.

Michel, d’un ton grave :

–         Que gagnes-tu à choisir la pire ? Des semaines, des mois de stress, d’angoisse, de peurs multiples. En quoi cela t’aide-t-il ? Tu perds du temps, de l’énergie, de l’efficacité dans ton boulot, avec tes collaborateurs, à la maison aussi, bref, tu te pourris la vie avant même que la décision soit rendue. Tu as donc le choix de ta réalité.

 –         C’est vrai, tu as raison, mais j’ai toujours fait comme ça.

Michel, tendre :

–         Moi aussi, Maman, pendant des années, car c’est comme ça que tu m’as élevé.

–         Je le regrette bien, crois-moi, mais moi aussi j’ai été élevée comme ça.

–         Ne regrette rien, ce qui est fait est fait. Chacun trace sa propre route et fait son apprentissage. Et tout ce que nous endurons depuis 15 ans m’a fait avancer comme jamais je n’aurais avancé sans cela.

–         C’est déjà ça !

–         Attention, je ne dis pas que c’est facile, au contraire c’est difficile, tu vois bien tout ce que j’endure, et c’est loin d’être fini. Mais tous ces problèmes, ce défilé d’ennuis et de soucis me forgent un moral, une capacité de résistance de plus en plus solide.

–         C’est vrai, tu as drôlement changé, je n’en reviens pas.

–         Heureusement Maman, car, sans cela, nous ne serions plus là.

 –         C’est vrai, mon chéri, ton père et moi sommes tellement minés par ce qu’on te fait vivre.

Instant de silence et d’émotion à ce moment, tant cette phrase est lourde de sens.

–         Allez les parents, courage, serrons-nous les coudes, chacun à son poste, on attend la décision de la Cour en étant… le plus cool possible. Et de toute façon, la route est encore longue, n’oubliez pas que je vais en Chine à pied !

Paul n’a pas ouvert la bouche mais semble avoir capté chaque mot prononcé.

Dans l’épreuve, souder l’équipe est essentiel, décisif, cet échange y contribue tant il est des moments où l’on se dit des choses, même en peu de mots.

Et la réalité reprend le dessus.

L’arrêt de la Cour est annoncé, une fois encore, cinq cœurs s’arrêtent de battre.

 Juin 2002 

Au jour J, même scénario que lors du jugement du Tribunal de Commerce.

À Paris, dans le bureau de leur entreprise, agglutinés près du téléphone, Michel et ses parents.

Au bout du fil, en Bretagne, Martine et Patrick.

Bis repetita, la scène se rejoue.

Jeanne parle pour évacuer son stress, Paul dit d’attendre la suite, Michel examine pour la centième fois les diverses hypothèses plausibles.

Driinng…

Cette fois, réglé comme une horloge suisse, ce n’est pas le fournisseur de petits pois qui appelle mais leur Conseil, l’avocat de Bretagne, Maître Barot.

Michel répond. Avoir le moral n’empêche pas de vivre ses émotions. Son cœur tape si fort qu’on pourrait presque l’entendre dans la pièce d’à côté.

C’est maintenant que se joue l’épilogue d’une affaire entamée en 1989 par l’achat, à leur ami de toujours, d’une grande surface de bricolage.

Soit donc 13 ans.

13 ans ininterrompus de tracas, de stress, de nuits sans sommeil, de discussions tendues, de désaccords, de victoires aussi.

13 ans de problèmes gravissimes, enchaînés les uns aux autres comme des alpinistes à l’assaut du Kilimandjaro.

Une bonne décision et l’espoir est permis, la famille pourra éponger une partie du désastre lié à la tromperie dont elle est victime : ce ne sera pas carnaval mais un joli lot de consolation.

Une mauvaise décision et c’en est terminé : elle est à la rue, Jeanne et Paul perdront tout, absolument tout ce qu’ils ont mis 40 ans à construire.

Pour amateurs de sensations fortes !

L’existence est parsemée de ces moments où la vie prend le chemin A ou le chemin B : lorsque l’étudiant découvre son nom inscrit sur la feuille des reçus à l’examen.

Ou qu’il le cherche en vain.

Lorsque l’élu de son cœur répond oui… ou non à une demande en mariage, lorsqu’on décroche… ou non, un marché vital, et ainsi de suite.

Mais il est des moments où la vie elle-même peut basculer dans la joie ou l’horreur. Et c’est le cas maintenant. 

Dans une seconde, puisque Maître Barot est en ligne, Jeanne et sa famille vont donc savoir si la balance penche du bon côté, s’ils peuvent encore espérer.

Ou s’ils s’écroulent définitivement.

Il fait chaud, très chaud, dans le bureau et dans les têtes. Miss Cata est à l’affût, tel le SAMU, prête à intervenir, le sac d’acquis, lui aussi, est prêt à dégainer, tous sont dans les starting-blocks, que va dire Maître Barot ?

–         Bonjour Monsieur, bla bla bla…

Michel, résolu et direct :

–         Maître, s’il vous plaît, que dit la Cour ?

–         Eh bien, Monsieur, je suis désolé… vraiment désolé…

Jeanne, criant :

–         Oh nooonnn…

En une seconde, l’immeuble s’effondre sur eux. Tous l’ont entendu, c’est foutu, cuit, carbonisé. Maître Barot vient de le dire, il est désolé, c’est fini.

Jeanne, catastrophée, la tête entre les mains :

–         C’est pas possible, c’est pas possible.

Paul, pour une fois énervé lui répond :

–         Chuut, attends que…

Michel reprend la parole :

–         Mais que dit la Cour exactement ?

Réponse de Maître Barot :

–         Mais justement, elle ne dit rien ! J’en suis vraiment désolé, l’arrêt de la Cour est… reporté à la semaine prochaine.

AAaahhhhhhhhhhhhh… tonnerre… ce n’est donc que ça, la mauvaise nouvelle n’est pas la décision mais juste le… report de la décision !

Ouuuufff, quelle angoisse, quelle peur pour… rien, Space Mountain puissance 10.

Comme un soufflet, la tension retombe d’un coup, un rire nerveux envahit le bureau.

–         Maître, vous avez failli faire trois morts.

–         Comment cela ?

L’avocat ne s’est pas rendu compte qu’en débutant sa phrase par « je suis désolé, vraiment désolé », ses clients l‘interprèteraient forcément comme l’échec de leur démarche devant la Cour.

Question de perception, comme toujours.

–         Maître, la semaine prochaine, choisissez vos mots s’il vous plaît, ménagez nos cœurs !

Maître Barot, confus :

–         Aahhh… je suis désolé…

Michel, goguenard :

–         Vous l’avez déjà dit !

Maître Barot, riant :

–         Ah ah ah, c’est vrai, mille excuses. Vraiment. Promis, je ferai très attention la prochaine fois. Bon, sinon, vous avez compris, je n’insiste pas, amitiés à vos parents et à la semaine prochaine.

Sensations fortes, en effet, mais pas celles qui étaient attendues, cela s’appelle la vie.

Voilà donc une semaine de répit ou, selon comment l’on voit les choses, une semaine de plus à patienter.

Michel et ses parents boivent quelque chose et décompressent, puis chacun retourne à ses activités (comme si celle-ci n’en était pas une).

Resté seul au bureau, soudain, un rire strident, puissant, retentit dans la tête de Michel : 

Ha ha ha… alors là je m’amuse, franchement, je me régale. Merci mes amis, merci, j’étais aux premières loges, je vous ai vu passer par tous les stades, changer de couleur, vous étiez déjà aux Restos du cœur, tout ça pour rien du tout… un grand moment, j’en redemande.

Enfer ! La revoilà, c’est elle, cette horrible voix intérieure, Miss Catastrophe, Miss Cata pour ses intimes, plus insidieuse que jamais :

Et tu croyais qu’Adversité, ma bien-aimée patronne, allait lâcher le morceau comme ça, sans te titiller autant qu’elle le pourra, hi hi hi, tu es rigolo… Elle est démoniaque, mais elle est aussi vieille que la planète, alors on ne la changera pas, maintenant… allez… passons aux choses sérieuses…

Michel écoute Miss Cata devenue menaçante :

Tu voulais aller en Chine, n’est-ce pas… bonne idée ça, bonne idée… maiiiis…. sais-tu qu’en Chine il y a de magnifiques supplices… élaborés, raffinés, subtils ? Tu connais la goutte d’eau qui tombe régulièrement à côté de toi, juste une goutte d’eau, à force de l’entendre, tu deviens fou… ça te parle, n’es-tu pas le fou du roi… hi hi hi, je suis excellente…

Puis d’une voix douce et mielleuse :

Comment ? Tu ne connais pas ce supplice… quel dommage… mais qu’à cela ne tienne : Adversité t’en a concocté un autre, pas mal non plus. Elle l’a mitonné aux petits oignons, juste pour toi, bref, tu n’es pas au début d’en voir la fin, j’en peux plus moi, c’est trop drôle.

Puis Miss Cata disparaît, emportant son rire gras, bruyant, inesthétique.

Alors Michel se tourne vers son meilleur allié pour y puiser un antidote à la situation puisqu’il doit encore patienter une semaine. Il en ressort un écriteau intitulé :

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Acquis n° 40 : Sois patient car la patience adoucit toute épreuve sans remède.

Que faire d’autre que de patienter, en effet ?

Et cette patience, pratiquée depuis des années, n’est-elle pas déjà une « spécialité maison » ?

Michel en convient :

–         Nous devons attendre encore une semaine et aucun remède ne peut changer ça. Donc inutile de rouspéter contre la justice, les magistrats, l’âge du capitaine ou Miss Cata. Ne te mets pas la rate au court-bouillon, prends acte que la décision est reportée, et passe à autre chose, ce sera plus efficace.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Une semaine passe.

C’est aujourd’hui le nouveau jour J.  

Branle-bas de combat, la tension monte, une nouvelle balade sur le super Grand huit des émotions s’annonce.

Et on recommence : réunion au bureau, bavardages avant l’appel, puis… driinng.

Maître Barot au téléphone :

–         Bonjour Monsieur, alors cette fois je fais attention à mes mots : voilà, l’arrêt est encore reporté.

Michel n’entend plus que d’une oreille les explications de son Conseil : « encombrement de la justice, bla bla… trop de dossiers bla bla… les magistrats l’épluchent à fond bla bla… ».

Rebelote donc.

Il faut ENCORE attendre.

Encore vivre avec les nerfs en pelote.

Tenter encore de les maîtriser.

Toujours se tourner des films sur ce que font les magistrats.

Ou encore trouver les mots pour convaincre les créanciers de patienter.

Bref, encore ruser, inventer, imaginer, menacer, négocier, agir, pour éviter qu’ils ne foncent dans le tas et achèvent l’animal blessé.

Miss Cata, rayonnante :

Eh Michel, que dis-tu de ça, pas mal, non ? Une semaine d’attente, un grand coup au cœur, le fessier qui fait bravo, et paf… rien ! On remet ça la semaine d’après, vous tremblez comme une feuille, la réponse arrive… et non, elle est encore repoussée, une semaine de plus sur le grill… dis, c’est pas un travail d’artiste ça ? Ça vous use bien hein, tes parents n’en peuvent plus… tu vois, Adversité c’est la classe internationale… allez… salut, à la semaine prochaine !

Comme à l’habitude, Michel consulte son meilleur associé :

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Acquis n° 41 : Une seule chose ne change pas, le changement. Ne changes-tu pas chaque jour ?

 Même si elle dure très longtemps, parfois des années, toute situation est sujette au changement.

Celle-ci comme toutes les autres.

Alors Michel se le dit : « le changement interviendra un jour ou l’autre, ne va pas plus vite que la musique. Tu as appris à garder le moral dans les épreuves, c’est une force, retourne au charbon et attends la semaine prochaine ».

Sept nouveaux jours ont passé, et re-re-rebelote, driinng.

Maître Barot :

–         Bonjour Monsieur, je ne sais pas ce qui se passe, décidément, la décision est encore reportée.

Interloqué, Michel s’emporte :

–         Ils le font exprès ? Pffffff…

C’est là qu’intervient le grand patron, le boss de la plus puissante multinationale du monde, Adversité en personne.

Elle s’adresse à Michel :

Écoute-moi bien, l’ami : cela fait 15 ans que tu me défies, depuis ce jour de fin 1985 où tu es arrivé à la brasserie que j’étais en train de couler. Alors, en 1989, je t’ai envoyé une superbe tromperie par un ami de trente ans, puis, en 1991, l’éviction de votre entreprise à Paris, j’ai bouleversé ta vie personnelle et tu es toujours là, à me contrer… cela me déplaît, m’insupporte même. Alors j’ai décidé de te soigner tout spécialement.

Aujourd’hui je t’envoie le meilleur, le best of du supplice, aussi raffiné et subtil que la goutte d’eau qui rend fou. Tu vas finir par craquer Michel, à force de charger la mule, elle va se retrouver les quatre pattes au niveau des oreilles. Adieu Michel, je te laisse apprécier mon supplice chinois… que voici.

7 jours ont encore passé, et re-re-re-re-rebelote, tout le monde est réuni dans le bureau pour entendre, enfin, la décision de la Cour d’appel : qu’on en finisse !

Or, quelle surprise, la voici à nouveau repoussée.

Et ce n’est pas une semaine supplémentaire que Michel et les quatre associés devront attendre, ni deux.

Miss Cata réapparaît :

Coucou les amis, sympa le concept, non ? Jusqu’ici on vous mettait sur le grill, chaque semaine vous espériez la décision, et le jour J, on la repoussait à la semaine suivante… c’était déjà bien. Ça a duré 4 semaines, mais là, on ajoute un cadeau bonus.

Ce petit jeu va se poursuivre chaque semaine pendant… disons 3 autres semaines, euh… non, (ça joue petit 3 semaines de plus), allez 4 semaines… mmmoui mais non… (est-ce que je me dérange pour 4 malheureuses semaines), alors…

Michel, fermement, interrompt Miss Cata :

–         Alors combien de temps, 5 semaines ?

Hi hi hi, 5 semaines, Dieu qu’il est drôle, voyons, 5 semaines, c’est les congés payés, ça passe trop vite.

–         Alors combien ?

Adversité et moi, voulons vous voir mijoter, cuire à petit feu, vous user, vous liquéfier, vous débattre dans un tas de problèmes nouveaux avec les créanciers qui sont accrochés à vos basques, avec le dossier éviction, sans compter la gestion de l’entreprise… c’est pas un beau supplice ça ? Nous, ça nous fait grimper aux rideaux, pas vous dans la famille ?

–         Tu nous gâtes, vraiment, tu nous gâtes. C’est du grand art, un très beau supplice, en effet.

Merci, le prix s’oublie, la qualité reste.

Ainsi Michel et ses parents vivent une véritable torture : attendre une décision judiciaire vitale, reportée de semaine en semaine plus de… 20 fois !

20 semaines à se dire qu’ils sauront la semaine suivante, s’ils sont, ou non, à la rue.

Vingt semaines à vouloir déjà être au mardi suivant quand on n’est que mercredi.

20 semaines à sentir son cœur à 170 lorsque le téléphone sonne.

Vingt semaines à le raccrocher, les mains moites, en se disant que ce n’est pas encore pour aujourd’hui.

20 semaines à imaginer les magistrats en train d’étudier le dossier dans tous les sens (c’est bon ou mauvais signe ?)

Vingt semaines à garder le moral, malgré tout.

20 semaines à faire semblant, comme si tout allait bien.

Vingt semaines à repartir sur le terrain, redescendre dans l’arène de la brasserie, un autre monde, d’autres problèmes, d’autres batailles, d’autres expériences aussi.

20 semaines à rentrer chez soi, la tête comme un marteau-piqueur, en pensant qu’on a gagné une semaine mais qu’on l’a perdue aussi.

Mais vingt semaines aussi, à se renforcer, à comprendre le sens de la vie, à savourer chaque réussite.

20 semaines à renforcer sa confiance, à se dire qu’on est toujours là et qu’Adversité n’a toujours pas remporté le match. 

Vingt semaines enfin, à mesurer ce qu’est l’amitié vraie.

Pourquoi ?

Parce que Michel peut compter sur une autre amie de trente ans, une vraie cette fois, Noémie.

Fidèle parmi les fidèles, Noémie est au premier balcon d’où elle voit la vie « bien remplie » de Michel et les efforts incessants qu’il déploie dans la pile de dossiers bouillants dont il a hérité.

Noémie est profondément humaine, le Saint-Bernard de l’amitié, toujours prête à traverser Paris s’il lui manque un morceau de sucre, c’est dire son dévouement.

Aussi il n’en abuse pas et savoure cette amitié rare, précieuse, unique. Et sans tabou non plus car ces deux-là se disent les choses.

Que veut dire l’amitié si elle ne sert qu’à aller voir le dernier James Bond ? Ou à enfiler les banalités autour d’un Daïquiri fraise ?

Noémie est donc au parfum.

Aussi discrète qu’une taupe dans sa galerie, elle suit donc les grands moments de la vie de Michel et ne sait pas tout, mais suffisamment pour être là, une fois de plus, pendant ces 20 semaines de supplices chinois. Noyées dans 400 semaines de situations brûlantes.

Tous les 7 jours, elle attend donc son appel après que lui-même ait appris que la décision de la Cour était encore une fois remise à la semaine suivante.

Alors elle décide de transformer cette attente cruelle en un moment de détente, le calme qui précède la tempête, et écrit des vers que Michel découvre chaque semaine avant le coup de fil fatidique.

Le tout fera même un recueil qu’elle apportera à son « pote » relié et signé.

Ça c’est de l’amitié !

Comme quoi tous les amis de trente ans ne se valent pas.

Comme quoi, aussi, l’amitié est un ingrédient du bonheur.

Ainsi que le rappelle l’acquis suivant :

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Acquis n° 42 : Capte, repère et vis les petits bonheurs, ils t’emmènent vers le grand.

Quoi de plus vrai ?

Tant de gens courent après le bonheur, tant d’autres le remettent à demain, après-demain ou aux calendes grecques, particulièrement quand la situation est difficile.

Or le bonheur est un état d’esprit.

Le chercher pour le jour où on sera marié, lorsqu’on aura des enfants, une maison, une nouvelle voiture, un meilleur poste, c’est se condamner à ne jamais le trouver.

Pourquoi ne pas agrémenter le quotidien de petits instants de plaisir, brefs, furtifs, mais intenses, le sourire d’un passant, un clin d’œil complice, une réunion entre amis ?

D’ailleurs, quel bonheur de lire les vers d’une amie chère.

Des vers autour du verre de l’amitié.

Le vert de l’espérance.

Quand les choses sont à l’envers, ces verres les remettent à l’endroit.

Envers et contre tout.

Merci Noémie.

Voilà comment des petits bonheurs boostent un instant et comment, additionnés, ils boostent une vie.

Ils viennent aussi contrarier l’insatiable Adversitéqui, aux Jeux Olympiques de la fourberie, serait médaille d’or.

Ne faut-il pas être tordu, ou démoniaque, pour infliger cet insoutenable suspense hebdomadaire à Michel et ses parents, ce supplice s’ajoutant à la pile d’obstacles érigés sur leur route depuis 15 ans ?

Il est vrai que cette route mène en Chine mais tout de même, avaient-ils besoin de ça ?

Même Hitchcock n’y aurait pas pensé, Adversité l’a fait pour lui, quel talent, la canaille.

D’autant qu’elle n’a pas dit son dernier mot… loin de là. 

Alors, rendez-vous le week-end prochain pour découvrir la suite de cette histoire vraie mêlant le monde des affaires, l’humain, et de multiples composantes du management des hommes et des situations. Décidément, une histoire vraie bouleversante à plusieurs égards.

Les 52 acquis de cette histoire 100 % authentique aident vos proches à mieux vivre les évènements. Partagez-les avec eux.

Jean-Luc Hudry, Conférencier, Auteur, 20 ans Chef d’entreprise

Lire l’histoire depuis le début : Craquer ou pas ? L’incroyable histoire vraie qui améliore la vôtre

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Une incroyable histoire d’homme et d’entrepreneur au service de vos équipes. Jean-Luc Hudry est plébiscité pour le contenu riche et la forme originale de ses conférences. Accessoires, anecdotes, et humour y sont des invités permanents. Son énergie communicative fait le reste. A 27 ans, tout va bien pour lui. 6 ans d’études de management et la voie royale dans une société américaine. Soudain, l’Adversité bouleverse sa vie : la PME familiale sombre et va vite disparaître. Il quitte alors son poste et devient du jour au lendemain, un entrepreneur confronté à l’enjeu écrasant de tenter de sauver des dizaines d’emplois et le patrimoine de ses parents. Passant par tous les postes, il développe un management inspirant fondé sur un optimisme opérationnel « orienté Solutions » et réussit l’impossible : sauver la société au point de la conduire près de 20 ans, manageant au total plus de 1000 personnes. Mais l’adversité s’acharne et bouleverse encore sa vie via une seconde histoire, inouïe et à l’enjeu vital. De celles qu’on ne souhaite pas à son pire ennemi. Pas le choix, il doit à nouveau affronter les événements les plus durs et rebondir ou… Pendant des années, il persévère, raisonne Solution et transforme les épreuves en opportunités, le stress en énergie, le pessimisme en une détermination qui soulève les montagnes. Et il obtient, là encore, de retentissants succès que personne – absolument personne – ne croyait possibles. Surnommé « le Solutionneur », il est aujourd’hui suivi par des milliers de personnes qui s’approprient ses clés du mieux-vivre dans leur vie personnelle et professionnelle. NOUVEAU : "Ca va comme un Samedi... même le Lundi" est le premier livre sur l'optimisme pratique au bureau et dans la vie personnelle. Conférencier labellisé et membre de l'AFACE. Il est aussi speaker de la Ligue des Optimistes de France et son délégue pour Paris. En résumé, Il aide vos équipes à mieux être et à mieux faire : Optimisme opérationnel, Changement, Motivation, Cohésion et Leadership.