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07 Mai

Demander une augmentation : cette fois c’est la bonne !

Jean-Luc Hudry, conférencier et auteur, expert en optimisme

Demander une augmentation est pour beaucoup un moment délicat, voire stressant. Le premier article : Cette augmentation je l’aurai ! a remporté un tel succès qu’il montre combien le sujet parle à chacun. Pour vous aider à réussir votre négociation, ma suggestion est de le lire d’abord puis de poursuivre sur celui-ci.

Car, en effet, demander une augmentation requiert quelques préalables. Lors de l’article précédent nous en étions arrivés à la troisième recommandation pour décrocher cette augmentation, qui n’attend… que vous (enfin presque).

1.    Analysez votre rémunération

Une fois que vous ne culpabiliserez plus, vous pourrez analyser, en détail, votre rémunération, en étant particulièrement attentif à ces 3 questions :

a. Quelle est votre rémunération de base ?

b. Disposez-vous d’avantages complémentaires (voiture de fonction, appartement, etc.)

c.  Votre tout premier contrat dans votre organisation actuelle, était-il correctement et justement valorisé ? Ce point est important, car si la réponse est non, cet argument joue en votre faveur, il y a du rattrapage dans l’air.

Puis, comparez votre rémunération totale avec le marché et tirez la conclusion qui s’impose : vous êtes très mal, mal, normalement, bien, ou très bien payé (rayez la mention inutile).

D’une manière ou d’une autre, vous travaillez à promouvoir votre entreprise et il vous est demandé de bien le faire, n’est-ce pas ? Alors comment pourriez-vous promouvoir efficacement votre société et ne pas savoir vous promouvoir vous-même ?

Tels sont les faits sur lesquels vous appuyer pour nourrir la suite de votre plan d’action : la demande d’augmentation. Mais attention, cette demande se prépare de manière stratégique.

2. Ne vous vendez pas, vendez vos résultats

Vous n’êtes pas à vendre. Vos résultats, eux, le sont. Donc, sans fausse modestie, ni aucune vanité, faites valoir ce que vous avez permis d’obtenir ou réaliser, de lancer ou économiser, etc. Si vos idées et vos initiatives ont fait bondir les résultats, votre apport est indiscutable et mérite d’être récompensé.

Dans tous les cas, soyez : concret, factuel et précis. Par exemple, ne dites pas On a plus vendu, mais Rayon jouets de plage : +12 % de juin 2018 à octobre 2018. 

À retenir : Vendre vos résultats est toujours une stratégie gagnante, d’ailleurs, cette mécanique n’est-elle pas utilisée pour vous faire acheter tous les produits de consommation, du fauteuil qui vous soulage le dos, au logiciel qui vous fait gagner un temps fou ? 

3.  Ne foncez pas tête baissée, préparez le terrain

Pour parvenir à votre objectif, étudiez le terrain et renseignez-vous bien. En effet, sachez quelles sont les habitudes de votre entreprise en matière de hausse de rémunération.

Donc, en d’autres termes, demandez-vous :

a.  Qui conduit la discussion ? Qui est décisionnaire ?

b.  La hausse de rémunération se tient-elle une fois par an, lors de l’évaluation annuelle, ou de manière plus improvisée ?

c.   Comment se termine-t-elle généralement ? Avec 20 % de hausse ou 0,001 % (les deux sont peu probables).

Et, une fois doté de cette information précieuse, passez à la suite, sans vous ruer sur votre boss, il y a encore du chemin à faire pour bien préparer le terrain.

À retenir : Il est très important de connaître les habitudes de rémunération de votre entreprise afin de ne pas être à contre-courant du mouvement et faire votre demande au bon moment.

4.  Ne confondez pas vitesse et précipitation

Naturellement, le salarié cherche le sens de ce qu’il fait et l’employeur cherche lui aussi le sens de l’engagement de son collaborateur. C’est pourquoi, sauf si vous avez fait bénéficier votre entreprise de l’affaire du siècle en un temps record (cas rare), donnez du temps au temps.

Lorsque votre ancienneté dans l’entreprise est faible et même si vous avez obtenu de bons résultats en peu de temps, ne montrez ni empressement exagéré ni appétit carnassier. Votre empressement jouerait contre vous.

À retenir : Il serait malvenu et dommageable pour vous de montrer combien l’argent est votre seule motivation. En effet, une collaboration employé/employeur vraiment productive est celle qui satisfait les deux parties, au sens où chacune y trouve son intérêt.

5.  Fondez votre demande d’augmentation

Avant de déterminer quelle augmentation vous demanderez, étudiez votre poste. Et posez-vous les bonnes questions. Par exemple :

a. Êtes-vous nombreux à exercer votre poste ou êtes-vous le super spécialiste que l’on s’arrache à n’importe quel prix, faute d’en trouver d’autres ?

b.  Votre job est-il un peu, beaucoup ou très qualifié ?

c.   S’y former prend-il beaucoup de temps ?

d.  100 personnes se présentent-elles pour un recrutement ou seulement 2 ?

e.   Est-il en voie de disparition ou au contraire en plein boom aujourd’hui et dans les prochaines années ?

Analysez objectivement, dans le détail, votre poste afin de déterminer votre position : je demande une augmentation de X % fondée sur les éléments suivants.

À retenir : Déterminer votre taux d’augmentation doit reposer sur une base définie et objective.

6.  Soyez tactique

Saisissez le bon moment pour demander une augmentation. Si votre entreprise est totalement absorbée pour décrocher un marché, que les équipes sont charrette et tirent toutes dans le même sens pour atteindre l’objectif (situation grisante !) alors, rangez votre flèche dans son carquois, ce n’est pas le bon moment pour solliciter une augmentation.

Il peut y avoir de nombreuses raisons pour différer votre demande – difficultés, restructuration, réorganisation, innovation imminente, etc. Il vaut mieux attendre un peu et sortir du bois au bon moment et avec la bonne argumentation plutôt que de vouloir passer en force, au risque de griller vos cartouches (le Sioux a des flèches et un fusil).

À retenir : Enfin, pur bon sens, pour demander une augmentation ne fondez pas sur votre boss entre deux portes ou à la sortie du parking : prenez date avec lui et annoncez la couleur : Voilà Maxime, je souhaite vous (te) demander une augmentation, mais ce n’est pas le bon moment. Quand pouvez-vous (peux-tu) me recevoir pour en discuter ? Il appréciera votre sens de la bienséance.

Et vous en saura gré.

Choisissez bien votre moment, ceci est décisif.

7.  Sachez lever les objections

Achevez patiemment de mettre en œuvre votre stratégie, sans rien n’omettre ni négliger. En effet, avez-vous pensé à lever les objections de votre boss ? Car celles-ci peuvent être multiples : C’est trop tôt ; tu n’as pas encore vraiment fait tes preuves ; la société est en difficulté ; plus tard quand on aura décroché le client belge ; tu en as déjà eu une l’année passée ; il faut t’améliorer dans tel secteur, etc.

Et ces objections peuvent contrer votre brillant projet si vous ne savez quoi y répondre. Ainsi, faites une liste de tout ce qui peut vous être opposé. Entraînez-vous à argumenter méthodiquement, point par point, en restant sur les faits.

Dans le cas où l’objection est bien réelle et non de circonstance, et que votre hausse de rémunération est impossible, gardez la maîtrise du sujet, soyez pro jusqu’au bout des ongles et proposez de contractualiser une augmentation quand les choses iront mieux. Vous montrerez ainsi votre sens des responsabilités et un savoir-faire appréciable dans l’art de la négociation.

À retenir : Ne négligez surtout pas de préparer les éventuelles objections à votre demande d’augmentation. Savoir y répondre vous permettra de démontrer tout votre professionnalisme. Et le professionnalisme… il n’y a que ça de vrai.

Maintenant vous êtes prêt pour demander une augmentation

Votre stratégie repose sur du solide et alimente votre optimisme ? Évidemment, rien ni personne ne peut garantir que vous obtiendrez à coup sûr l’augmentation rêvée. Cependant, une chose est certaine : vous avez en main toutes les raisons d’y croire et de l’obtenir finalement.

Car l’optimisme, ce n’est pas vouloir que les choses se terminent bien simplement parce que vous en avez envie ou que le Père Noël va mettre son grain de sel.

En réalité, l’optimisme concret, opérationnel, c’est réfléchir, s’organiser et agir, POUR qu’elles se terminent bien. Nuance !

Que vous veniez d’obtenir ou d’accorder une augmentation, je vous souhaite d’établir et de cultiver une relation mutuellement fructueuse.

Extrait du livre : Ca va comme un samedi… même le lundi ! (Ed. Leduc.S)

Le premier livre sur l'optimisme au quotidien

Lire aussi : Problème au travail : Comment réagir efficacement ?

Retour aux conférences

Une incroyable histoire d’homme et d’entrepreneur au service de vos équipes. Jean-Luc Hudry est plébiscité pour le contenu riche et la forme originale de ses conférences. Accessoires, anecdotes, et humour y sont des invités permanents. Son énergie communicative fait le reste. A 27 ans, tout va bien pour lui. 6 ans d’études de management et la voie royale dans une société américaine. Soudain, l’Adversité bouleverse sa vie : la PME familiale sombre et va vite disparaître. Il quitte alors son poste et devient du jour au lendemain, un entrepreneur confronté à l’enjeu écrasant de tenter de sauver des dizaines d’emplois et le patrimoine de ses parents. Passant par tous les postes, il développe un management inspirant fondé sur un optimisme opérationnel « orienté Solutions » et réussit l’impossible : sauver la société au point de la conduire près de 20 ans, manageant au total plus de 1000 personnes. Mais l’adversité s’acharne et bouleverse encore sa vie via une seconde histoire, inouïe et à l’enjeu vital. De celles qu’on ne souhaite pas à son pire ennemi. Pas le choix, il doit à nouveau affronter les événements les plus durs et rebondir ou… Pendant des années, il persévère, raisonne Solution et transforme les épreuves en opportunités, le stress en énergie, le pessimisme en une détermination qui soulève les montagnes. Et il obtient, là encore, de retentissants succès que personne – absolument personne – ne croyait possibles. Surnommé « le Solutionneur », il est aujourd’hui suivi par des milliers de personnes qui s’approprient ses clés du mieux-vivre dans leur vie personnelle et professionnelle. NOUVEAU : "Ca va comme un Samedi... même le Lundi" est le premier livre sur l'optimisme pratique au bureau et dans la vie personnelle. Conférencier labellisé et membre de l'AFACE. Il est aussi speaker de la Ligue des Optimistes de France et son délégue pour Paris. En résumé, Il aide vos équipes à mieux être et à mieux faire : Optimisme opérationnel, Changement, Motivation, Cohésion et Leadership.