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26 Mar

La réalité forge l’optimisme : (Histoire vraie 6)

L'incroyable histoire vraie de jean-Luc Hudry. Aujourd'hui conférencier en optimisme, Motivation, Confiance, Changement et innovation managériale, Conférencier de l'AFACE : Académie des Auteurs et Conférenciers d'entreprise, et Conférencier de la Ligue des Optimistes de France.

Lire l’histoire depuis le début : Craquer ou pas ? L’incroyable histoire vraie qui améliore la vôtre

Lire ou relire l’épisode précédent : Stress du dirigeant, l’adversité s’acharne

Tout d’abord, avant de démarrer votre lecture, rappelez-vous ce que montre cette histoire vraie :

1) L’optimisme concret est d’autant plus fort qu’il se forge au contact des évènements.

2) Le mot optimisme est le nom du cocktail. Motivation, Changement, Confiance, d’autres encore, en sont les ingrédients indispensables.

3) Et ce cocktail permet traverser de sévères épreuves et vous accompagne dans toutes les situations de la vie.

Le chapitre précédent nous a laissés dans un moment critique où l’Adversité s’en donnait à cœur joie. D’ailleurs, à ce stade tout était envisageable. Alors, qu’est-il finalement advenu ? Découvrez-le maintenant.

12) Geste fatal

Paris, un soir tard.

Michel rentre chez lui, éreinté, miné par l’accumulation et l’intensité des problèmes à résoudre. Explosé d’une fatigue qu’il ressent physiquement, bras, tête, jambes, tout lui est douloureux, il jette ses chaussures dans l’entrée.

Ce soir, impossible de faire autrement que de ruminer l’insupportable nouvelle qu’il a dû annoncer à ses parents, la « nouvelle du jour ».

Dans un premier temps, il n’a pas pu la leur annoncer.

Dans un second, non plus.

Et sachant qu’il allait déclencher les grandes eaux chez Jeanne, et porter un nouveau coup à son père, par deux fois, il a fait machine arrière, cherchant un meilleur moment pour annoncer l’insoutenable.

Il a chamboulé, mis sens dessus-dessous son sac d’acquis pour trouver de quoi l’aider.

L'incroyable histoire vraie de Jean Luc Hudry conférencier en optimisme. Livre "Craquer ou pas ? L'incroyable histoire vraie qui améliore la vôtre"

Acquis n°12 : Si tu as un mur devant toi, ne cherche ni à le fuir ni à l’occulter, cherche à le franchir.

Tout évènement est fait pour être vécu, ne cherche pas à dissimuler le mur placé sur ton chemin, tu t’en mordrais les doigts.

Peut-être est-ce difficile, mais fais ce qui doit être fait, assume ce qui doit être assumé, c’est la meilleure façon de vivre et de te comporter. Telles sont les « précisions » accompagnant cet acquis.

Rassemblant donc ses forces, Michel coince ses parents dans le bureau de l’entreprise.

Du reste, Jeanne sent très vite que quelque chose ne colle pas, Paul ne dit rien :

–   Que se passe-t-il… il y a une catastrophe ?

Alors avec des mots dignes de diplomates du Quai d’Orsay, aussi doux que possible pour ménager ses parents, Michel leur annonce que…

Mais les mots sont trop évasifs, ils n’ont rien compris et c’est le moment d’appeler un chat un chat, alors Michel se lance :

–   Par décision de justice, vous… vous êtes expulsés de votre appartement.

Jeanne s’écroule, en pleurs :

–   Mais… mais… c’est pas possible… c’est une erreur… pourquoi ?

–   Pour retards de loyers.

Il le sait bien, ce n’est pas une erreur, les loyers n’avaient pu être réglés suite aux montagnes de dépenses engendrées par la liquidation de la grande surface bretonne.

Le souvenir de ses parents, ce jour-là, l’angoisse marquant leurs visages, restera toujours gravé en lui.

Aussi, quand il entre à point d’heure dans son appartement, la goutte d’eau a déjà débordé du vase.

Revivant la scène de l’après-midi, revoyant Jeanne sa mère, éclater en sanglots, Paul son père blanc comme un cachet d’aspirine, les voyant courber l’échine devant ce nouveau coup de poignard, signé Adversité, Michel n’en peut plus.

Imaginer que ses parents vont être expulsés de leur bel appartement où ils vivent depuis trente ans, où ils ont connu la joie tant de fois, où les cadeaux de Noël s’empilaient devant la cheminée, où les rires et les bons moments l’emportaient de loin sur les mauvais, les voir expulsés de l’endroit où il a grandi avec eux, alors même que, dans leur situation précaire, ils ne retrouveront rien d’équivalent, ou même d’approchant, tout cela lui est intolérable.

Insupportable.

Plongé dans ces images, il ouvre la porte-fenêtre du salon et passe sur le balcon.

Et là, dans la moiteur du soir, dans cette nuit faussement paisible, Miss Cata, cette voix de malheur lui souffle une idée.

Une idée folle, extrême, qui le glace de frayeur.

Une idée qui, si elle est mise en œuvre, ne le sera jamais une deuxième fois.

Miss Cata, bras armé d’Adversité, crache alors son venin dans la tête de Michel :

À ta place, j’en aurais drôlement marre de cette vie de forcené… ce n’est pas vivable, tu ne peux pas y arriver, laisse tomber, repose-toi, arrête tout.

Dans un premier temps, Michel est sensible à ce discours d’apparent bon sens mais Miss Cata revient à la charge… avec un autre projet :

Quand je dis repose-toi, je veux dire : repose-toi… pour toujours. Et si tu en terminais, là, tout de suite ? Un simple saut et tu te reposes pour toujours. Enfin terminée cet incroyable empilement de problèmes, plus graves les uns que les autres, ces journées infernales qui se succèdent. De toute façon vous êtes fichus, Michel tout repose sur toi mais tu es au bout du rouleau, la voiture n’a plus d’essence.

Effrayé par ce qu’il entend, Michel écoute néanmoins car il y a du vrai là-dedans :

Allez… saute du balcon et ton calvaire finira enfin. Cinq secondes de voyage et la paix pour toujours… Aux autres de se débrouiller, tu n’étais pour rien dans tout ça et c’est toi qui es détruit. Saute mon gars, je te le dis, saute et tu te reposeras enfin, tu seras délivré.

Et c’est vrai.

Michel n’a plus le choix.

Son amoureuse éperdue Adversité est la plus forte ; des deux amants, c’est elle qui s’impose finalement.

Ainsi cette histoire vraie va tristement se refermer.

On dirait une chanson de Jean-Louis Aubert : « Voilàààà, c’est fini… t’as eu ce que t’as voulu même si t’as pas voulu c’que t’as eu… Voilàààà, c’est fini, etc. »

Michel fait face à Adversité et, comme Vercingétorix rendant les armes à César, s’incline devant elle, dont la force lui est supérieure.

Il reconnaît sa cuisante défaite et en tire les dramatiques conséquences, sa vie va s’arrêter là.

« Voilàààà, c’est fini », quelques secondes, un saut en parachute sans parachute et pfftt… plus personne.

Enfin le calme, l’arrêt de ces souffrances à répétition, la fin de ces emmerdements permanents.

Michel est dans un tourbillon, ses idées s’entrechoquent, se catapultent les unes contre les autres, il s’adresse à son vainqueur :

Bien joué Adversité, j’ai cru plusieurs fois te vaincre, je t’ai infligé de sérieuses défaites, tu as été blessée, tu as connu des Stalingrad. Mais ce soir, je connais mon Waterloo, le chant du cygne. Bon sang que tu es forte, tu ne lâches jamais, quand tu es virée par la porte, tu reviens par la fenêtre.

Comme une sangsue tu t’accroches, tu uses, tu ronges ta proie, jour après jour, heure après heure, sans t’arrêter… c’est bon, j’abandonne, je jette l’éponge, tu es trop forte pour moi.

Tu as gagné.

Adieu.

Convaincu par son propre discours, acceptant dignement sa défaite, Michel est comme ces japonais qui tirent leur révérence en se coupant en deux.

Il s’approche de la rambarde.

Regarde en bas.

Ce n’est pas très haut mais suffisant pour en finir.

Assez pour refermer l’histoire d’un garçon à qui tout réussissait jusqu’à ce qu’il décide d’aider sa famille.

En bas le jardin est paisible, Michel distingue un jouet d’enfant oublié près d’un arbre.

Il va sauter.

J’y vais, j’y vais pas, se demande-t-il tout de même, car le geste n’est pas anodin.

Il faut prendre une décision.

Tout tourne dans sa tête.

–  Il voit chaque adversaire comme s’ils étaient dans la pièce, leurs têtes menaçantes, leurs costumes bien coupés, leurs arguments imparables, leurs mots et décisions qui font si mal.

–  Il voit son sac de problèmes plein à craquer, le redressement de la brasserie, la liquidation du magasin de Bretagne, le dossier éviction, ces trois missions regroupant des dizaines de problèmes en tous genres.

– Il revit tous ces rendez-vous imposés qui lui donnent la nausée : banquiers, avocats, fournisseurs, magistrats, etc.

– Il voit aussi ses parents mis à la rue, expulsés de leur appartement, dépouillés de tout, situation inouïe qui, jamais, n’aurait dû se présenter dans leur vie.

Michel va sauter du balcon.

Pour en finir de ce cauchemar.

Curieusement, une sorte de paix l’envahit, étrange, inconnue, peut-être un avant-goût de la paix qu’il va connaître dans un instant.

Dans un ultime réflexe, il revoit sa vie « d’avant ».

Des succès, des grands moments lui reviennent :

–   Ces hommes qui ne voulaient pas faire leur service militaire et qui, à la fin, sont si fiers d’avoir servi sous ses ordres qu’ils l’honorent comme s’il avait sauvé la France. 

–   Cet établissement réputé pour « matheux » dont, dès ses quinze ans, il voulait absolument suivre l’enseignement, et qu’il finira, à force de travail, par intégrer.

–   Son premier job si réussi dans une société dont le boss, s’était fendu d’un énorme compliment, lui qui n’en faisait qu’un par an, début janvier… et encore, les bonnes années.

–   Ces merveilleux voyages et expériences « gonflées » aux USA et au Japon où il « a vu du pays ».

Il revoit aussi toutes ces personnes qu’il aime, qui lui font confiance, qu’il fait rire par ses bons mots… toutes celles qui comptent pour lui.

Et toutes celles pour qui il compte aussi.

Il se dit que tout cela a de la valeur.

Et que son sac d’acquis est là, très joliment garni et à disposition pour l’avenir.

C’est maintenant qu’il faut puiser dedans car dans une minute, ce sera trop tard, le rideau se refermera.

Alors, planté sur son balcon, au-dessus de la rambarde, freiné par une force invisible mais surpuissante, venue du plus profond de son être, il éprouve l’étrange impression que quelqu’un s’adresse à lui.

Il tend l’oreille et lui laisse la parole.

Et qu’entend-il ?

Es-tu devenu fou Michel, fou à lier ?

Écoute-nous, car nous sommes toi.

Et nous sommes en toi.

Depuis ton premier jour, nous avons grandi ensemble.

Michel, jour après jour, tu nous as forgées, renforcées, respectées.

Tu nous as rendues solides, et tu t’appuies sur nous.

Tu agis en notre nom, même quand c’est difficile.

Et tu es fier de le faire.

 Nous sommes celles aux noms desquelles tu t’abîmes la santé, tu ne vis pas, pour aider tes parents.

Pour leur rendre ce qu’ils t’ont donné.

Et parce qu’ils sont tes parents.

Et qu’est-ce qu’on voit ce soir ?

Tu voudrais nous renier, nous bafouer, nous éliminer ?

Toi le costaud, tu voudrais abandonner en rase campagne, laisser Adversité triompher, parader… sans que tu aies tout tenté ?

On ne te reconnaît plus Michel, dis-nous que ce n’est pas toi qui es à deux doigts de te donner la mort ?

Alors que tu te débrouilles comme un chef et que tu as encore plein de ressources ?

Michel, ému et chahuté par ce discours :

–  Qui êtes-vous ?

La voix :

Nous sommes l’essentiel, le fondamental, le sens de la vie.

–  Seriez-vous mes va…

La voix :

Oui, mon grand, nous sommes tes valeurs Michel, tes VALEURS.

Michel est déstabilisé, remué.

 Les valeurs :

 Alors écoute, et surtout entends ce que l’on a à te dire, après tu feras ce que tu voudras.

 On ne meurt pas pour de l’argent.

La vie est parfois rude, mais rien ne vaut la vie.

Toute situation, même la plus difficile, est provisoire, temporaire.

Comme l’est notre passage sur terre.

Faire dépendre sa vie de l’adversité rencontrée est lui donner un pouvoir qu’elle ne mérite en aucun cas.

Finalement, vivre, c’est faire tout ce que l‘on peut, là où l’on est, avec ce que l’on a. Et c’est ce que tu fais avec succès.

Pourquoi devrais-tu payer encore plus que tu ne le fais aujourd’hui, et plonger tes parents dans un abîme définitif ? Cela ne te ressemble pas de laisser Adversité te laminer, si ?

Michel reprend ses esprits :

–  Non, c’est pourquoi je me bats autant contre elle.

Alors continue.

Peut-être perdras-tu et ta famille avec toi.

Mais tu auras fait TOUT ce que tu avais à faire.

De A à Z sans rien négliger.

Bats-toi Michel, et surtout, vis, tant que tu le peux, tu n’es que de passage.

Mais ton passage ne doit pas s’achever ce soir.

Il ne le doit pas.

Un ange passe.

Ce lâcher-prise, ce regard neuf, revigorant, enthousiasmant changent la donne.

Ses valeurs ont touché son cœur, preuve qu’elles y sont solidement ancrées.

Soudain, Michel est envahi par une gigantesque bouffée d’air aussi frais que s’il venait d’Alaska.

L’ardeur qui souffle en lui, l’envie d’avoir envie, la rage de vivre, de faire des choses, d’agir ce sur quoi il peut agir, pour sa famille, sa sœur, son beau-frère, tout cela remonte à la surface, se réveille.

Et toutes ces victoires acquises, l’écueil des 6 mois pour la brasserie, le redressement en cours, les succès contre le propriétaire, tout cela ne compterait pas ?

Tout à coup Michel réalise combien il a été stupide.

D’abord stupide de laisser Miss Cata lui polluer la tête avec des pensées et une idée aussi funeste.

Ensuite idiot de broyer du noir sous l’effet de l’épuisement.

Enfin naïf d’envisager une « solution » extrême, aux antipodes de son amour de la vie.

Et de sa haine du renoncement.

Une fausse solution qui ne règle pas de problèmes mais en crée de nouveaux.

Peu à peu, libéré d’un énorme poids, comme un boulet que l’on traîne et dont on coupe la chaîne, il sait bien que ses combats ne sont pas près de finir.

Mais son sac d’acquis vient de lui sauver la vie… eh oui, ses valeurs ne sont rien d’autre que des acquis fondamentaux.

Grâce à eux, il voit maintenant des perspectives nouvelles.

L'incroyable histoire vraie de Jean Luc Hudry conférencier en optimisme. Livre "Craquer ou pas ? L'incroyable histoire vraie qui améliore la vôtre"

Acquis n°13 : Un problème ne rend pas malheureux. Ce que tu en penses, si.

Le comprendre change tout au quotidien.

Il faudra le rappeler à Épicure… une piqûre de rappel fait toujours du bien.

De fait Michel est requinqué, presque euphorique, gonflé comme une montgolfière, il quitte son balcon et va se coucher.

Honteux d’avoir failli craquer pour de bon.

Mais heureux d’avoir réagi comme il le fallait.

In extremis, certes, mais est-il jamais trop tard pour bien faire et réorienter ses pensées dans le bon sens ?

Et quelle volée de bois vert adressée à Miss Cata, elle sait maintenant de quel bois il se chauffe. Elle est KO debout, elle qui débouchait déjà le champagne, sûre de sa victoire, par épuisement du combattant.

Pour Michel, demain est un autre jour.

La bataille continue.

Et justement, dès le lendemain, retour aux réalités : la dramatique expulsion de ses parents de leur appartement. Comment faire face à cette décision de justice, comment agir efficacement ?

D’abord sortir de sa besace un acquis déjà rodé tant de fois, un must : faire ce qui doit être fait, même si cela est pénible car il n’y a pas d’autre choix.

Et surtout, il permet d’avancer.

Bien qu’en position de faiblesse, Michel contacte le propriétaire de l’appartement, Monsieur Pafacil :

-Je n’ai rien à vous dire, j’ai une décision de justice, vos parents seront expulsés, c’est tout.

Et vlan, la porte se referme… c’est le cas de le dire.

Alors Michel se souvient de cet instant de détresse sur son balcon et des valeurs qui l’ont ramené à la raison.

Des valeurs qui n’ont pas de prix.

Sans se décourager, il constate que M. Pafacil l’a repoussé une fois, sèchement, mais une fois seulement, ce qui veut dire que Michel va revenir à la charge.

Il laisse passer deux jours, construit sa négociation et peaufine ses arguments car, pendant toutes ces années, il a appris à négocier, à faire se retrouver l’intérêt de deux parties que tout oppose au départ.

C’est cela une négociation gagnante. 

Le troisième jour…

Le troisième jour, il décroche son téléphone.

L’accueil est frais, genre porte de prison :

–  Encore vous ? Je vous ai dit qu’il y avait une décision de justice, c’est tout, maintenant laissez-moi, au revoir.

– Juste un instant Monsieur. Au fait, dans combien d’années pensez-vous pouvoir récupérer votre appartement suite à cette décision d’avant-hier ?

–  Comment cela dans combien d’années ?

–  Oui, dans combien d’années, car vous ne pouvez espérer récupérer votre appartement avant plusieurs années, n’est-ce pas ?

Silence à l’autre bout du fil.

Ça y est.

Comme le font notamment les commerciaux qui glissent un pied dans la porte du client qu’ils visitent, pour s’introduire chez lui, Michel vient d’ouvrir la porte du propriétaire. En suscitant son intérêt.

Alors le climat se détend peu à peu. C’est à dire que Michel présente ses arguments, sur les recours possibles, sur le temps, les tracas, les coûts de toute cette affaire, bref, la négociation s’engage.

Encore fier de sa victoire, et le faisant savoir, M. Pafacil s’arc-boute sur son bon droit. Autrement dit, le propriétaire de l’appartement ne baisse pas pavillon.

Mais la raison a ses raisons.

En somme, comprendre ce que veut l’autre et lui montrer, par des arguments solides, que la situation est un peu différente de ce qu’il croit, est un bon moyen d’ouvrir les yeux d’un aveugle.

Peu à peu, M. Pafacil réalise que sa décision de justice est certes un très gros point pour son camp mais que terminer le match nécessitera encore beaucoup de temps, d’argent et de désagréments.

Du coup, il se range à la proposition de Michel.

Finalement, un accord est trouvé : M. Pafacil stoppe la procédure d’expulsion en échange d’un étalement des sommes dues et d’une hausse raisonnable de loyer.

On a sauvé les meubles… et l’appartement aussi.

Nouvelle victoire.

Les parents de Michel pourront rester chez eux : ouf… là encore.

Moment de bonheur à l’annonce de la nouvelle et re-pleurs de Jeanne, qui remplirait une piscine olympique à force de fondre en larmes pour les mauvaises comme pour les bonnes nouvelles.

Mais Adversité déteste la défaite. Elle veut tout gagner, être la patronne, le chef incontesté, décider qui elle aime et l’intensité de son amour.

Alors, pour se venger et se refaire une santé, elle rappelle à Michel, le pompier de service (chef), qu’un autre incendie l’appelle.

Et quel incendie…

Le plus violent qu’il ait jamais eu à combattre.

13) La messe est dite

Côté Bretagne, la fermeture du magasin a drastiquement enrichi le sac de problèmes, puisque, calculette en main, la famille de Michel est maintenant… ruinée.

Par le jeu de multiples condamnations, tous azimuts, d’intérêts faramineux (de 11 à… 16,75 % capitalisés !) sur d’importantes sommes et des années d’interminables procédures, la messe est dite : Paul et Jeanne, les garanties principales, y laisseront jusqu’à leur dernier kopeck.

Et comme, dans une ahurissante fuite en avant, surendettés, ils ont aussi contracté d’autres prêts pour rembourser les précédents, et même sollicité des amis pour faire face à l’amoncellement de dépenses qui se bousculent au portillon, la messe est dite une deuxième fois.

En effet, non seulement ils vont y laisser leur chemise mais aussi leur dernière chaussette.

En l’occurrence pleine de trous.

D’où le retour à ce sinistre jour de l’automne 2003 décrit en début de récit. 

L’orage que Paul et Michel essuient ce jour-là est un orage de mots, de simples mots.

Des mots durs comme du béton, prononcés par un banquier : « Je ne peux pas vous prendre plus que ce que vous avez mais je vous prendrai TOUT ce que vous avez. »

Des mots inhumains de la part d’un banquier arrogant et pressé.

Jamais Paul n’a pu les oublier.

Jamais Michel ne les oubliera.

Et en recevant cette flèche de leur bourreau, Michel est d’abord traversé d’un réflexe humain : bondir tel un jaguar sur ce sinistre personnage. Le disperser, le ventiler aux quatre coins de Paris, façon puzzle.

Pourtant, il y renonce (le banquier lui en fera… crédit).

Mais alors, Michel serait-il devenu mollasson, faible, sans courage pour accepter que l’on parle ainsi à son père, 80 ans, sans le moindre respect ni ménagement ? 

Peut-il accepter qu’un banquier, inconnu et hargneux, brutalise son père de la sorte ? Oui, il le peut, et voici pourquoi.

En effet, en 2003, voilà déjà 18 ans que Michel couche avec Adversité.

18 ans qu’il l’affronte, subit des échecs, remporte des succès mais aussi 18 ans que, sans le vouloir, Adversité le façonne, le renforce, le solidifie. Son sac d’acquis est comme un homme ayant un peu trop bu : bourré.

Ne perdant pas une occasion, Miss Cata intervient :

Michel, c’est monstrueux ce que te dit ce banquier ; perdu pour perdu puisque vous êtes raides comme des passe-lacets, offre-toi le spectacle, le délice de l’expédier sur la moquette épaisse, la joue en sang, l’œil multiplié par deux, allez rentre-lui dedans…

Mais Michel n’en fait rien, il encaisse sans décaisser (pour une fois).

Parce que l’eau a coulé sous les ponts, parce qu’ajouter un problème à un autre problème ne règle pas le premier.

Parce que le sac d’acquis est là et que Michel a appris à :

–  vaincre ses peurs.

–  garder le moral pendant l’épreuve.

–  maîtriser le stress le plus extrême.

Ne buvant que de l’eau, il a pris de la bouteille.

Mais les choses sont différentes pour Paul, représentant de la vieille école.

« Je ne peux pas vous prendre plus que ce que vous avez, mais je vous prendrai TOUT ce que vous avez ».

Et ces mots raisonnent en lui aussi fort que les balles de l’ennemi pendant la guerre. Du coup, il craque en sortant de ce rendez-vous.

Du jamais vu chez cet homme pas né de la dernière pluie.

Mais trop c’est trop.

Trop d’enjeux, de pression, de soucis, et, finalement, un prix trop élevé pour avoir confondu persévérance et aveuglement.

Pour avoir écouté son cœur au lieu d’écouter son fils.

Ainsi, il craque devant :

–   L’horreur d’arriver à 80 ans et de vivre ce désastre familial, humain, financier.

–   La honte de n’avoir pas osé dire non quand c’était indispensable.

–    Le regret d’avoir manqué de force pour s’opposer aux arguments de sa femme, fille et gendre… lui qui avait eu le courage de s’exposer au feu.

Il craque, car il n’a pas su voir, dire, faire les choses quand il fallait les voir, les dire, les faire.

Et il craque aussi devant cet infini gâchis :

–   40 ans de travail acharné de son épouse et de lui-même, rayés d’un trait de plume.

–   Un mur de dettes, infranchissable.

–   Sa fille malade, injustice de l’existence.

–    Son gendre au chômage.

–    Son fils obligé de mener une vie qu’il ne souhaite pas à son pire ennemi.

Alors, sortant de cet abominable rendez-vous et retournant à sa voiture, guidé par Michel, d’une voix chevrotante, Paul lâche ces mots :

–   Comment vit-on quand on est à la rue ?

En un éclair, la foudre tombe sur Michel. Sa gorge se noue, l’envie de vomir l’assaille, il prend quelques secondes avant de pouvoir prononcer un mot.

Mais sous l’effet de la force inouïe qui le porte une fois de plus, 100.000 volts de rébellion, de rage, d’envie d’agir, il stoppe sa marche, se tourne vers son père et le fixe, les yeux dans les yeux. Un regard, un échange d’une intensité folle, un père et un fils qui communiquent au sens le plus profond du mot :

–  On va se battre, Papa. Aussi longtemps qu’il le faudra. Jusqu’au bout, quoi qu’il arrive, compte sur moi.

Alors, dans une de ces longues phrases dont il a le secret, les yeux à nouveau chargés de larmes, son père le regarde et murmure :

–  Je sais.

Les deux hommes ne disent plus rien et reprennent leur marche.

D’autant plus qu’il faut maintenant préparer ce qu’ils vont dire à leur femme et mère, morte d’angoisse, et qui va les accueillir par l’inévitable « alors » ?

– Alors ?

Eh bien, ils racontent leur rendez-vous, en ménageant la chèvre et le chou, Jeanne doit être préservée.

Mais il reste un élément troublant.

En effet, ce jour de 2003, Paul et son fils rencontrent un banquier expéditif et provocant. Or, curieusement, ce n’est pas leur interlocuteur habituel, celui qui leur a accordé les prêts dont la banque demande maintenant remboursement.

Bizarre… vous avez dit bizarre, comme c’est bizarre.

Mais après tout quelle importance ?

Une importance majeure.

Car si le banquier se comporte en bourreau, c’est qu’il y a une raison.

Une raison que Michel et ses parents découvriront plus tard.

A vrai dire, une incroyable raison.

Découvrez donc ici la suite de cette incroyable histoire 100 % authentique : Quand l’inouï devient réalité

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Conférencier expert en optimisme opérationnel
Jean-Luc Hudry, conférencier professionnel, 20 ans entrepreneur, auteur publié

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Une incroyable histoire d’homme et d’entrepreneur au service de vos équipes. Jean-Luc Hudry est plébiscité pour le contenu riche et la forme originale de ses conférences. Accessoires, anecdotes, et humour y sont des invités permanents. Son énergie communicative fait le reste. A 27 ans, tout va bien pour lui. 6 ans d’études de management et la voie royale dans une société américaine. Soudain, l’Adversité bouleverse sa vie : la PME familiale sombre et va vite disparaître. Il quitte alors son poste et devient du jour au lendemain, un entrepreneur confronté à l’enjeu écrasant de tenter de sauver des dizaines d’emplois et le patrimoine de ses parents. Passant par tous les postes, il développe un management inspirant fondé sur un optimisme opérationnel « orienté Solutions » et réussit l’impossible : sauver la société au point de la conduire près de 20 ans, manageant au total plus de 1000 personnes. Mais l’adversité s’acharne et bouleverse encore sa vie via une seconde histoire, inouïe et à l’enjeu vital. De celles qu’on ne souhaite pas à son pire ennemi. Pas le choix, il doit à nouveau affronter les événements les plus durs et rebondir ou… Pendant des années, il persévère, raisonne Solution et transforme les épreuves en opportunités, le stress en énergie, le pessimisme en une détermination qui soulève les montagnes. Et il obtient, là encore, de retentissants succès que personne – absolument personne – ne croyait possibles. Surnommé « le Solutionneur », il est aujourd’hui suivi par des milliers de personnes qui s’approprient ses clés du mieux-vivre dans leur vie personnelle et professionnelle. NOUVEAU : "Ca va comme un Samedi... même le Lundi" est le premier livre sur l'optimisme pratique au bureau et dans la vie personnelle. Conférencier labellisé et membre de l'AFACE. Il est aussi speaker de la Ligue des Optimistes de France et son délégue pour Paris. En résumé, Il aide vos équipes à mieux être et à mieux faire : Optimisme opérationnel, Changement, Motivation, Cohésion et Leadership.