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25 Mar

Stress du dirigeant : quand l’adversité ne vous lâche plus (Histoire vraie 5)

L'incroyable histoire vraie de jean-Luc Hudry. Aujourd'hui conférencier en optimisme, Motivation, Confiance, Changement et innovation managériale, Conférencier de l'AFACE : Académie des Auteurs et Conférenciers d'entreprise, et Conférencier de la Ligue des Optimistes de France.

Lire l’histoire depuis le début : L’incroyable histoire vraie qui améliore votre vie

Lire l’épisode précédent : Stress de l’entrepreneur, les événements se précipitent

10) Mission 2 : appelez le 18 !

 Comme Patrick et Martine, Paul et Jeanne sont au trente-sixième dessous, laminés, anéantis.

Les pleurs vont bien, eux, merci… mais à quoi servent-ils ?

À libérer des émotions peut-être, mais pas à régler la situation, désormais catastrophique.

C’est un fait : pour avoir voulu aider, aider, aider encore leur fille et gendre, et contre l’avis de leur fils, Paul et Jeanne se retrouvent face à un véritable mur de dettes. En plus de celles qu’ils ont déjà. Un mur haut comme s’ils devaient franchir 6 mètres à la perche.

Quand on aime on ne compte pas, c’est peu dire qu’ils ont aimé leur fille et gendre… sans compter !

Et maintenant ?

Lamentations, chagrins et regrets commencent à fleurir « Je t’avais dit… il fallait… tu étais d’accord… mais pas du tout… c’est vous qui… on aurait dû… » etc.

Or, Michel l’a appris depuis longtemps, regrets et remords sont absolument vains.

Ils sont inutiles et même destructeurs tant ils amènent inévitablement sur le terrain du « y’avait qu’à… pourquoi n’as-tu pas … c’est de ta faute… » etc.

La sortie de secours n’est donc pas celle-là, mais que faire puisque la réalité commande, que les problèmes sont légion, chacun montrant plus de muscles que son voisin ? Faire semblant de ne pas les voir ou les repousser aux calendes grecques n’est pas non plus la solution.

Ils sont là, devant la porte, et même déjà dans la maison, nombreux, menaçants, agressifs, et ne veulent pas rebrousser chemin. Ils font peur. À se taper la tête contre les murs. Mais ça ne changerait rien, si ce n’est d’abîmer les murs (et la tête).

Alors comment y faire face, comment assumer les choix d’une famille… enfin… d’une partie de la famille… suivez mon regard ?

Bref, comment réagir maintenant que le Titanic repose au fond de l’eau ?

Comme leur fille et gendre, Jeanne et Paul sont incapables de la moindre réaction. Ils ne savent ni quoi penser, ni quoi dire, ni quoi faire. Ils n’ont jamais vécu pareille chute, pareille déchéance, pareille plantade, et ruminent constamment, se rejouant le film sous tous les angles, ce qui ne sert à rien.

Il faudrait réagir, crier au secours, ouvrir les fenêtres, se remuer mais avec qui, pourquoi faire, comment, tout est cuit, archi-cuit de toute manière.

Aucun des quatre associés n’a la moindre idée à proposer. Aucun n’a le commencement d’une solution. Ils sont dans l’état d’esprit du condamné qui monte à la guillotine.

À la question : comment voyez-vous l’avenir, il répond : la tête dans le sac !

Paul et Jeanne ont aussi la tête dans le sac.

Pour eux le choix est simple :

– Ne rien faire, c’est-à-dire être mangés tout cru par la kyrielle de créanciers à qui ils ont bien imprudemment donné le pouvoir de les ruiner.

-Réagir, faire quelque chose d’utile, ce qui est très au-dessus de leurs forces.

Adversité se lèche les babines, elle va ne faire qu’une bouchée de la fine équipe, le festin s’annonce grandiose tandis que Jeanne et Paul en sont convaincus : dans cette affaire, ils vont manger les pissenlits par la racine.

Alors ils appuient sur le gros bouton rouge, celui à actionner en cas d’urgence, bref, ils appellent le 18.

Au bout du fil, un permanent.

En permanence de permanence.

Un pompier de service qu’on appelle quand il y a le feu.

Or il y a le feu partout, dans toute la maison, du sol au plafond, des fondations jusqu’à la cheminée.

–  Allo, vous avez demandé le 18, que se passe-t-il ?

–  On a encore besoin de toi, tout s’écroule et nous avec, dit Paul tristement.

–  Je vous reconnais vous… ne suis-je pas déjà intervenu pour redresser votre entreprise ? Ça va mieux, mais elle fume encore, je suis encore sur place… bon, que puis-je pour vous ?

–  On est consternés de t’appeler encore mais là c’est le pompon, il y a le feu chez Patrick et Martine et il y a le feu chez nous, on ne sait pas quoi faire… fais ce que tu pourras.

–  Fais ce que tu pourras…

Voilà comment Michel, pompier chef, hérite d’une Mission 2.

Mission 2 : endosser les effarantes conséquences de « l’affaire du magasin ».

Il va devoir assumer ce carnage, (dont ne sont rapportés ici que les éléments de base !) alors qu’il n’y est pour rien. Et, pire, qu’il n’a à aucun moment été écouté.

Joyeux Noël Michel.

Et bonne(s) année(s).

De son côté, Miss Cata est aux anges et explose dans une jouissance difficilement contrôlable :

Je te l’avais bien dit Michel, c’était cuit de chez cuit, vous finirez tous SDF, chez l’abbé Pierre les amis, purement et simplement, 3 familles à la rue, tu ne peux pas t’en sortir, mon gars, les carottes sont cuites… eh eh eh… dommage… je te l’avais bien dit. Franchement, une telle accumulation d’emm…, l’impossibilité de payer ces dettes monstrueuses et donc la vision de finir à la rue, ont de quoi décourager les plus pêchus.

Comment vivre avec tout ça sur le dos ?

C’est simple, Michel, ne vit pas ou plutôt il vit chaque minute avec un stress version luxe.

Le plus beau, le plus complet, le plus profond des stress.

D’abord il y a « le courant », « l’ordinaire » : poursuivre le redressement de la brasserie et faire son travail d’employeur : gérer les équipes, apporter des idées neuves, informatiser l’entreprise, repenser les rémunérations, les achats, les investissements, aplanir les conflits, recruter, tester des solutions, évaluer les résultats, bref, quelques menues activités qui l’emploient à mi-temps, au bas mot, 12 heures par jour (n’exagérons rien… sauf le dimanche…).

Et puis, il y a le reste :

– Guetter chaque jour l’heure du facteur pour voir si un recommandé, ou pire, un nouveau pli d’huissier n’est pas arrivé.

– Trembler quand le téléphone sonne de peur qu’un créancier ne se manifeste, qu’un fournisseur ne livre plus, que le banquier ne se transforme en Terminator.

– Ruser pour ne pas rencontrer telle personne dans telle enceinte.

– Craindre de rentrer chez soi et d’y trouver de nouveaux problèmes.

– Voir défiler tous les mois sans profiter d’aucun.

– Renoncer à ce à quoi peu de gens renoncent (voyages, week-ends, grasses matinées…).

– Devoir faire tout le temps plus pour récolter tout le temps moins.

Enfin, il y a « l’extra-ordinaire », le surplus, le hors-norme, cette mission venue d’ailleurs – de Bretagne – aussi désespérée que ne le sont ses protagonistes. Difficile, dans ces conditions, de bayer aux corneilles puisque tout est cui-cui…

N’en jetez plus, la coupe est pleine, Michel se frotte quotidiennement à ces humiliations et problèmes en cascade avec le sentiment que le sort s’acharne.

D’où des montagnes de questions existentielles :

« Pourquoi moi ?

Pourquoi tout ça me tombe-t-il dessus ?

Qu’est-ce que j’ai fait de mal pour être puni à ce point ?

Pourquoi dois-je payer – à tous les sens du terme – pour les erreurs des autres ?

Pourquoi n’ai-je pas droit à une vie normale, comme tout le monde ? »

Ces questions l’habitent, le hantent, lui pourrissent chaque instant de sa vie.

Les coups au cœur, les réveils en sursaut, les nuits passées au balcon sont pour lui. Les litres de café brûlant et les paquets de cigarettes aussi.

Il ferait mieux d’ouvrir un tabac pour s’approvisionner directement sans avoir à connaître le stress du fumeur en manque, courant aux Champs-Elysées pour trouver un débit ouvert après minuit.

Ses débits à lui – enfin, ceux de sa famille – sont pourtant ouverts après minuit et aussi avant, tant les dettes auxquelles faire face se comptent en millions.

Difficile, dans ces conditions, de trouver la vie belle.

Mais…

Mais Michel a développé dans sa jeunesse une ressource anti-renoncement, une force, une capacité à se mobiliser, à agir autant qu’il le faut pour peser sur les choses.

Dans n’importe quelle situation. Il l’a utilisée bien des fois.

Et cette capacité s’est renforcée, jour après jour, depuis qu’il couche chaque soir avec Adversité, depuis la fin 1985 où il a dit adieu à la multinationale et bonjour à la PME familiale.

Adieu au confort, salut à la précarité.

Il s’est étoffé, est devenu plus solide.

Pompier de service, peut-être, mais ce pompier a le feu sacré.

Cela suffira-t-il au vu des circonstances ?

Probablement pas, car à l’impossible nul n’est tenu, et les dégâts sont là.

Mais un pompier est un homme de devoir, d’engagement, de mission : s’il peut quelque chose, il le fera. Michel s’est engagé corps et âme pour sa famille, lui aussi, s’il peut quelque chose il le fera… encore. En voiture pour la suite.

Et la suite – authentiquement vraie, elle aussi – est tout simplement hallucinante.

11) Mission 3 : dehors ! 

Un « beau jour », un pli d’huissier arrive à la brasserie.

Pas de quoi fouetter un chat, question d’habitude, à l’époque Michel aurait pu monter une équipe de foot tant il était en rapport avec cette « douce » (et méconnue) profession d’huissiers.

N’empêche, un pli d’huissier est toujours moins agréable qu’un sourire de Sophie Marceau, sauf quand on l’envoie ce pli, cela veut dire que c’est l’autre qui va déguster, c’est mieux !

Donc, pour une fois, on ne réclame pas d’argent à ses parents, ouf, mais que leur veut-on alors ?

Ce document officiel les informe que le propriétaire des murs de la brasserie (qui perçoit un loyer) entend récupérer les locaux. Il en a parfaitement le droit. Dans les règles de l’art, il offre d’indemniser les locataires du fonds de commerce (Jeanne et Paul) en versant à leur société une indemnité d’éviction.

Et voilà, bienvenue au club… au club des évincés !

A l’époque, à Paris…

À l’époque, à Paris c’est la mode, on évince à tour de bras, d’ailleurs Michel connaît quelques professionnels amis concernés par le phénomène. Mais ni lui ni ses parents ne connaissent rien au fond du sujet.

Quelques coups de fil plus tard, les voilà « au parfum » et ce parfum ne sent pas bon : l’éviction de brasserie est un vrai sac de nœuds, avocats, expertises, décisions de justice et tout le tremblement… de terre car on le leur dit clairement : « vous en avez pour des années ! »

Paf, re-paf et re-re paf.

Voilà Michel revenu au temps de ses culottes courtes quand il vibrait et encourageait Guignol à taper sur l’horrible brigand qui venait de détrousser la grande Duduche. Muni de son bâton marron, calé entre ses deux mains raides et droites, Guignol tape fort :

« Tiens prends ça, et ça… bougre d’âne… pif, paf, et encore ça, brigand, voleur, pif, paf… »

Les enfants applaudissent, crient, hurlent, l’encouragent à corriger encore cet infâme bandit qui a fait tant de mal à la pauvre Duduche :

« Pif, paf, voilà ce que tu mérites… paf, t’en veux encore… paf, prends ça dans le pif… »

On ne voudrait pas être à la place du voleur sous cette avalanche de coups, quoique cette raclée soit bien méritée.

Mais qu’ont mérité Michel et ses parents pour qu’Adversité s’acharne à ce point sur eux ? Qu’ont-ils fait pour qu’un déluge de coups s’abatte sans cesse sur leurs dos endoloris ?

Plein le dos de ces maxi problèmes qui fusillent leurs vies, ils en ont ras la casquette, la soucoupe et le bol.

Et après… qu’est-ce que cela change de crier leur écœurement, leur épuisement, leur abattement ?

Rien, cela ne change rien à la situation.

Adversité sait se faire détester, elle sait comment se rendre nuisible, comment faire mal alors elle le fait et bien, très bien même.

Comme le disait un ancien chef d’État, « les merdes volent en escadrille », on ne lui fera pas la chasse pour ça.

Surtout qu’il a raison, Michel peut en témoigner.

Voilà donc une escadrille de problèmes supplémentaires aux trousses de Michel et ses parents, l’éviction de l’entreprise dans laquelle ils se sont investis depuis 1968.

Déjà que le sac de problèmes refusait du monde, voilà qu’il craque de tous côtés.

Mais il faut rester les pieds sur terre.

Renseignements pris…

Renseignements pris, dans ce « dossier Éviction », le but du jeu est simple : Pour payer le moins possible, le propriétaire doit démontrer que la brasserie vaut le moins possible. Et pour recevoir la plus grosse indemnité possible, les locataires doivent démontrer l’inverse.

C’est donc bien un joli bouquet d’épines qui se présente puisque la brasserie est vulnérable et encore en cours de redressement.

En résumé…

…c’est le pire moment pour en évaluer la valeur.

La guigne, la scoumoune, la poisse… si le sort ne s’acharne pas à ce moment, alors il ne s’acharnera jamais, pensent Jeanne et son époux. Et à force de prendre des coups sur la tête, la leur se recroqueville de plus en plus.

Alors ils décrochent à nouveau leur téléphone :

–         Allo le 18 ? Regarde la tuile qui nous tombe encore dessus… on n’y comprend rien, on est dépassés… on n’en peut plus… qu’allons-nous devenir… fais comme tu pourras.

Oui mais… le pompier de permanence était-il de permanence ?

Heureusement, il l’était !

Sur le pont, comme d’habitude, enfin sur le pont, disons près des tuyaux, ça s’arrose.

Car voilà encore un beau, un magnifique incendie, construit pour durer, pour enflammer les comptes en banque, les esprits et les vies pendant bon nombre d’années.

Dialogue entre deux voix off : 

– Oui mais…

– Quoi encore avec tes oui mais ?

-Oui mais le pompier de service a déjà 2 missions sur le feu : redresser et développer la brasserie et gérer le désastre du magasin de Bretagne.  Ça fait pas un peu beaucoup là… n’y aurait-il pas un de ses collègues pour prendre cette troisième mission en charge ?

-Ah oui… et qui ? La grande Duduche ?

– Il faudrait un autre pompier, animé de la même flamme.

– Pas possible, les effectifs ne le permettent pas.

– Donc c’est Mi…

– C’est qui Mi ?

– Kimi ? C’est qui Kimi ?

– Non pas Kimi, Mi …

– Kimimi ? C’est qui Kimimi ?

– Mais non… grrr… Mi… Michel quoi… ah là là… misère… tu n’as pas inventé l’eau chaude, toi…

– OK, OK, il fallait le dire, c’est tout… donc, c’est Michel qui s’y colle.

– Voilà… c’est encore lui qui va au charbon, euh… who else (qui d’autre) ?

Et de trois !

Troisième mission critique pour Michel, et quelle mission !

De quoi donner sa démission.

Mais Michel est un homme d’engagement, il ira au bout de ses missions.

Et se met en position.

En position du missionnaire.

Il va et vient.

Jonglant de l’une à l’autre.

À un rythme de plus en plus fou.

Quand l’une ralentit, l’autre accélère.

Et inversement.

C’est ainsi que Michel, pompier de service, est élevé au grade de pompier-chef pour services rendus et pour ceux que cette troisième mission ne va pas manquer de susciter.

D’autant que cette troisième mission « Éviction de la brasserie » est capitale.

On va parler de capital.

En plein cœur de la capitale.

Il y a du risque.

Du capital-risque.

Encore bravo, et bon courage, Michel.

– Merci, je vous embrase… oups… je vous embrasse.

Et cela repart une nouvelle fois…

Et cela repart une nouvelle fois, nouveau dossier, nouveau chantier, nouvelle organisation, nouveaux avocats, nouvelles dépenses, nouveaux paquets de cigarettes, nouveaux litres de café brûlant, nouveaux maxi soucis, nouveaux problèmes longs comme un jour sans pain, nouvelles compétences, nouveaux acquis, la routine quoi… !

P… que le sac est lourd, pense Michel en chemin.

Il lui fait même courber l’échine, ralentir la marche, suer sang et eau, de quoi tomber définitivement comme un boxeur ivre de coups.

D’ailleurs ses parents le sentent, le nombre et l’intensité des difficultés vont abattre leur fils, ça ne fait pas un pli.

Et toute la famille avec lui.

Mais il faut bien vivre.

Paul et Jeanne se sentent si responsables de n’avoir pas su dire non, d’avoir cédé là où il ne le fallait pas, de n’avoir pas écouté leur fils, qu’ils font tout ce qu’ils peuvent pour l’aider le mieux possible, redoublant de présence dans la brasserie, tôt le matin et tard le soir… à 70 ans.

De son côté, Michel, le pompier permanent, brûle de défendre ce qui peut l’être et ne se résigne pas à baisser les armes.

L’enjeu est immense. Valoriser au maximum la brasserie pour espérer pouvoir éponger le mur de dettes laissé par la déconfiture du magasin. Et ne pas tout perdre du travail de ses parents et du sien.

Alors il remet son bleu de chauffe, son casque argenté, et refait fonctionner la machine à décider.

Première décision :

Le propriétaire a fait une offre amiable, comme s’il proposait 20.000 euros à Ronaldo ou Nadal, une misère. Tactique de bonne guerre mais proposition bien sûr retoquée, sans passer par la case départ ni prendre ces 20.000, le propriétaire est renvoyé dans ses buts.

Conséquence ?

Sortez les clairons, astiquez les guêtres et les fusils, une nouvelle bataille s’engage devant les tribunaux.

Et comme Adversité adoooore Michel, elle ne le lâche plus, le plaçant dans ses favoris et le visitant dès que possible. Ses meilleures flèches sont pour lui et Miss Cata intervient en personne pour lui distiller son redoutable poison :

Là, Michel, ça sent l’écurie, 3 missions pareilles pour un seul homme, autant de problèmes à la fois, tout ça pour finir SDF… c’est mission impossible !

Et, cruelle parmi les cruelles, elle s’acharne et en remet une couche dès qu’elle le peut :

Tu as une vie de chien, constamment sur la braise, sur tous les fronts, ni payé, ni récompensé, obligé de sacrifier ta vie personnelle… Et puis, regarde ta tête, tu as les traits tirés, ta fatigue pèse une tonne quand tu te lèves le matin, tu ne fais pas une nuit complète, tu n’en peux plus, tu vas t’écrouler mon vieux, c’est couru d’avance Michel….

Au prix d’un effort surhumain, puisant dans ses acquis les plus forts et dans ses premières années d’expérience, il parvient à mettre un mouchoir sur ces pensées si négatives et démoralisantes.

Sauf – il le sait bien – qu’elles expriment la vérité des faits car la question n’est pas de savoir s’il va s’écrouler mais QUAND il va s’écrouler.

Or cette perspective lui est insoutenable, il retourne donc à la manœuvre, le missionnaire missionne. Il cherche, apprend, se documente des heures et des heures sur le thème de l’éviction d’un fonds de commerce, thème pas très sexy, mais a-t-il le choix ?

A force de farfouiller…

À force de farfouiller il commence peu à peu à y comprendre quelque chose et devient même « à la page ». Alors il bâtit une stratégie, la propose aux avocats, leur constitue des dossiers ciselés, à la carte, au millimètre, où les documents adverses sont épluchés, à la virgule près, pour que chaque argument trouve sa réplique.

Au contact des avocats et de ce maxi dossier, il développe sa pratique de la relation d’affaires et de la gestion de conflit. Il découvre que le business peut être terrible.

Avec ses parents, il prend des coups, énormément de coups, telles ces huit tentatives du propriétaire pour obtenir leur fonds de commerce pour… 0 euro 0 centime !

Un scandale, une honte… qui font partie du business.

Huit papiers bleus (plus quelques autres pour compléter le tableau).

Huit coups au cœur.

8 situations d’urgence où, en un éclair, tout le reste devient sans importance.

Huit situations où subitement le monde s’écroule.

8 occasions d’invoquer le destin, la vacherie de l’avocat adverse, la mauvaise foi du propriétaire.

Huit occasions de se demander – une fois de plus – ce que l’on va devenir.

8 occasions de serrer les dents à s’en faire saigner les gencives.

Mais huit occasions, aussi, d’emmagasiner une formidable expérience.

8 occasions d’améliorer sa pratique des affaires, de décrypter le jeu joué par chacun.

Huit occasions, sur l’instant épouvantables à vivre mais qui, avec le recul, s’avèrent du pain béni.

Car tel un combattant, Michel apprend à encaisser les coups.

À en donner aussi.

Des coups plus violents que ceux reçus.

Réplique graduelle, adaptée à l’attaque, mais avec un bonus, cadeau de la maison.

Histoire de montrer qu’il n’est pas manchot et que les manœuvres adverses font pschitt…

En pleine tourmente, le sac d’acquis ne chôme donc pas et se remplit à vitesse grand V.

Dans l’épreuve, Michel apprend à garder le calme des vieilles troupes, à laisser passer l’orage, à laisser le camp d’en face s’agiter.

Et aussi à décrypter le comportement adverse.

C’est cela aussi les affaires.

L'incroyable histoire vraie de Jean Luc Hudry conférencier en optimisme. Livre "Craquer ou pas ? L'incroyable histoire vraie qui améliore la vôtre"

Acquis n°11 :En affaires, comprends ce que l’autre cherche, au-delà de ce qu’il montre.

Tel Champollion, décryptant les hiéroglyphes égyptiens, un conflit, un comportement, une relation d’affaires méritent en effet d’être décryptés.

Ne serait-ce que pour apprendre à encaisser, à répliquer plus fort si besoin, bref, à s’organiser efficacement pour vendre chèrement sa peau.

Tout cela ne s’invente pas.

Michel aura beau chercher une quelconque aide dans ses 6 années d’études de management, jamais il n’y trouvera ce que seul le terrain peut enseigner.

Dans sa dureté et dans ses bons moments également.

Des bons moments, vraiment ?

Mais oui… car les huit violentes tentatives du propriétaire, espacées sur des années, échoueront.

Huit à zéro, joli score…

8 victoires pour Jeanne, Paul et leur fils.

Huit occasions de sourire, de se détendre un peu, de clouer le bec à Miss Cata, de garnir encore le sac d’acquis.

8 succès majeurs, huit banderilles enfoncées dans la volonté et la confiance adverse.

Huit pas vers la victoire finale ?

Allons… allons… Adversité n’aurait-elle rien prévu d’encore plus musclé pour Michel son chouchou ?

Bien sûr que si.

Elle est à la pointe Adversité, à la pointe.

Et elle ne lui a donc pas envoyé un simple litige type : « les feuilles de votre arbre tombent dans mon jardin. Si vous ne faites rien, j’ouvrirai mon parasol pour vous cacher le soleil, na ! »

Non, Adversité a choisi mieux, plus hard, la version luxe, la Rolls du conflit.

Conflit commercial et conflit humain.

Conflit à l’issue vitale pour Michel et sa famille, conflit qui ne se règle pas en fin d’après-midi après s’être bien amusé. Bref, un vrai litige aux antipodes de la chamaillerie.

C’est une bagarre, une lutte féroce, sans pitié, à couteaux tirés.

Une bataille particulièrement usante, chronophage, incertaine et coûteuse.

Clou du spectacle, elle se déroule sur plusieurs terrains en même temps, histoire de varier les plaisirs. Ça a tellement plus de gueule quand tout est long, compliqué et risqué.

Une pause s’impose, rendons hommage à l’artiste : clap clap clap pour la constance avec laquelle Adversité assaille la famille de Michel. Et pour la variété et la dureté des évènements qu’elle leur envoie en pleine figure, clap, clap, clap.

Cela dit, Michel ne verrait pas d’inconvénient à ce qu’Adversité change un peu de terrain de jeux et regarde ailleurs ce qui s’y passe.

Mais il s’agit entre eux d’un amour fou, torride, passionné, fusionnel, de ces amours qui ne se terminent que par la défaite d’un des amants.

Ou sa mort.

Or justement…

Découvrez ici la suite de cette histoire vraie : La réalité forge l’optimisme.

Vous y trouvez des raisons de réfléchir et d’avancer ?Alors, commentez et partagez-la. Elle a déjà aidé tellement de gens…

Lire l’histoire depuis le début : L’optimisme transcende l’adversité

Retour aux conférences

Une incroyable histoire d’homme et d’entrepreneur au service de vos équipes. Jean-Luc Hudry est plébiscité pour le contenu riche et la forme originale de ses conférences. Accessoires, anecdotes, et humour y sont des invités permanents. Son énergie communicative fait le reste. A 27 ans, tout va bien pour lui. 6 ans d’études de management et la voie royale dans une société américaine. Soudain, l’Adversité bouleverse sa vie : la PME familiale sombre et va vite disparaître. Il quitte alors son poste et devient du jour au lendemain, un entrepreneur confronté à l’enjeu écrasant de tenter de sauver des dizaines d’emplois et le patrimoine de ses parents. Passant par tous les postes, il développe un management inspirant fondé sur un optimisme opérationnel « orienté Solutions » et réussit l’impossible : sauver la société au point de la conduire près de 20 ans, manageant au total plus de 1000 personnes. Mais l’adversité s’acharne et bouleverse encore sa vie via une seconde histoire, inouïe et à l’enjeu vital. De celles qu’on ne souhaite pas à son pire ennemi. Pas le choix, il doit à nouveau affronter les événements les plus durs et rebondir ou… Pendant des années, il persévère, raisonne Solution et transforme les épreuves en opportunités, le stress en énergie, le pessimisme en une détermination qui soulève les montagnes. Et il obtient, là encore, de retentissants succès que personne – absolument personne – ne croyait possibles. Surnommé « le Solutionneur », il est aujourd’hui suivi par des milliers de personnes qui s’approprient ses clés du mieux-vivre dans leur vie personnelle et professionnelle. NOUVEAU : "Ca va comme un Samedi... même le Lundi" est le premier livre sur l'optimisme pratique au bureau et dans la vie personnelle. Conférencier labellisé et membre de l'AFACE. Il est aussi speaker de la Ligue des Optimistes de France et son délégue pour Paris. En résumé, Il aide vos équipes à mieux être et à mieux faire : Optimisme opérationnel, Changement, Motivation, Cohésion et Leadership.