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25 Mar

Stress de l’entrepreneur : histoire vraie épisode 4

L'incroyable histoire vraie de jean-Luc Hudry. Aujourd'hui conférencier en optimisme, Motivation, Confiance, Changement et innovation managériale, Conférencier de l'AFACE : Académie des Auteurs et Conférenciers d'entreprise, et Conférencier de la Ligue des Optimistes de France.

Face aux évènements, le stress de l’entrepreneur grimpe en flèche

Suite de cette histoire vraies aux multiples enseignements pour vos équipes.

Premier épisode : plantons le décor :
L’incroyable histoire vraie qui améliore votre vie.
Le second introduit une invitée de marque.
L’optimisme transcende l’adversité : une incroyable histoire vraie  (2)
Quant au troisième, il décrit un “coup de veine”.
Un fabuleux coup de chance

Et maintenant, voici le quatrième qui se résume ainsi :

Stress de l’entrepreneur : les évènements se précipitent … grandement !

Très bonne lecture,

8) Surprise !

En Bretagne, malgré l’énergie dépensée par Patrick, la prise en main du magasin est difficile. Les ventes ne décollent pas, le nombre de clients non plus, au contraire.

Mais Gérard, l’ancien propriétaire, vendeur du fonds de commerce, est rassurant : le début est toujours difficile, il faut se faire connaître, etc.

Pas de panique, il connaît la musique.

De fait, Patrick améliore sans cesse les rayons et Martine, dans ses conversations journalières avec sa mère, se félicite de chaque nouvelle avancée, de chaque visite notable au magasin, de chaque marque de sympathie adressée au couple.

Patience, les choses s’annoncent bien.

Soudain…

Eté 1990 :

Martine appelle ses parents : Il faut d’urgence injecter de l’argent, on ne s’en sort pas.

Une grosse somme, presque autant que pour l’achat du fonds de commerce.

Patrick ajoute : Pour passer ce mauvais moment, après ça ira.

Stupéfaction pour Jeanne et son époux, la douche n’est pas écossaise, elle est juste glacée.

Comment, pourquoi, bref, au diable les questions, Patrick est formel, il faut apporter de l’argent sinon l’histoire s’arrête là. Cas de conscience pour des parents fous d’amour mais, eux-mêmes, en grande difficulté.

Alors que faire ?

Dire non après tout le chemin parcouru ? Faire tout tomber pour un simple démarrage difficile alors que l’affaire est indiscutablement bonne ?

Et puis Martine et Patrick ont un argument de poids : Nous on ne peut pas emprunter mais vous si, vous avez une belle entreprise à Paris, ça vaut de l’argent.

Savent-ils seulement qu’à cet instant elle n’en vaut presque plus ?

Troublés et inquiets, Paul et Jeanne consultent leur fils. Sacré dilemme, car que peut-il répondre ?

  • S’il dit oui, il alourdit une situation déjà extrêmement tendue et recharge une mule qu’il passe sa vie à alléger.
  • S’il dit non, c’est refuser à sa sœur et son beau-frère la possibilité de vivre des jours meilleurs.

Et passer pour un sans-cœur alors qu’il se bat aussi pour eux… mais s’en rendent-ils compte ?

Ainsi, Miss Cata se refait une santé : T’es foutu Michel… tu avais déjà la brasserie à redresser, ce n’est pas une sinécure, et te voilà maintenant avec le magasin de ton beau-frère qui flanche. Dis, pourquoi es-tu venu dans cette galère ? T’iras pas loin mon gars… et ta famille non plus.

Réunion de crise au bureau de l’entreprise

Paul questionne Michel :

–  Qu’est-ce que tu en penses ?

– Je pense qu’on ne peut pas se permettre d’emprunter davantage, vous êtes déjà très engagés. Et ici, on a serré tout ce qu’on pouvait serrer.

Alors Jeanne prend la parole, presque courroucée :

–  Comment ? Mais on a une belle entreprise quand même… ça vaut de l’argent. En tout cas, on ne peut pas laisser tomber Martine et Patrick, ce n’est pas possible, ils ne comprendraient pas.

Tout est dit.

Parole de mère.

L’affect, la volonté d’aider, l’envie de bien faire, l’incapacité à dire non, la peur de l’échec, celle du « on dit » dans une petite ville où tout se sait – et se déforme – en un clin d’œil, tout cela concourt à la décision des parents.

Des parents, car Paul n’ose pas s’opposer à cette décision.

Prise contre l’avis de leur fils.

Le banquier parisien, mis en confiance par le redressement en cours de la brasserie, accorde le prêt.

Cette fois, la grande surface est sortie d’affaire. Un coup de barre, un apport de fonds et ça repart !

On respire…

Rebondissement

Enfin… pas tout à fait, car à l’hiver 1991, deuxième appel au secours de Martine et Patrick : il faut encore injecter de l’argent (moins que la première fois) « pour passer un cap difficile, après ça ira…»

Rebelote.

Paul et Jeanne tombent de leur chaise.

À nouveau les questions sans réponses les submergent, mais, une fois encore, il faut décider :

« Sinon on coule… nous on ne peut pas emprunter, mais vous… »

Refrain connu et leitmotiv de Martine. Cette phrase tourne en boucle dans leur tête, mais comment y répondre ?

Bien sûr, Miss Cata danse de joie, elle fait la fête, invite ses copines, ne manquent plus que les cotillons et le feu d’artifice :

Pourquoi cette super affaire fonctionne-t-elle aussi mal ? Bizarre que Patrick n’y arrive pas… il doit être noyé… en tout cas ça sent le roussi Michel… ça sent le roussi… c’est plus un sac de problèmes que tu portes, c’est un convoi d’emm… que tu traînes.

Quelle punaise cette Miss Cata, punaise qui s’accroche aux pensées de Michel et de sa famille.

Que de nuits blanches à cause d’elle : s’endormir à 3 heures du matin, se réveiller à 4, en sueur, se tourner et retourner dans un lit froissé en comptant les moutons comme s’ils étaient dispersés entre la cuisine et le salon… beh… beh…

Quel stress !

Oui, quel stress à ne pas pouvoir fermer l’œil alors que le marchand de sable est passé depuis longtemps.

Et quand, au petit matin, les paupières se sont enfin fermées, quand le jour, lui, s’est déjà levé, il faut repartir, affronter sa dose quotidienne de problèmes et difficultés en tous genres avec, en cadeau bonus, cette deuxième et plombante demande de soutien de Patrick et Martine.

Quel paradoxe aussi : alors qu’un château de cartes était à deux doigts de s’écrouler – la brasserie – et que Michel en remonte les murs et le donjon depuis 6 ans, voici que l’autre fleuron de la famille, une affaire en or, tombe en quenouille.

Vases communicants ou montagnes russes, peu importe, les jours et semaines se ressemblent : invivables.

Dans ces instants, la priorité du moment, la poursuite du redressement de la brasserie passe au second plan. Comme si l’on trouvait toujours tâche plus importante, plus urgente, comme s’il fallait être à la fois au four, au moulin et dans la boulangerie en train de distribuer le pain. Quel pétrin…

Pour l’instant, il y a encore plus urgent et encore plus important que tout le reste : répondre à l’appel de détresse de Patrick et son épouse.

Michel et ses parents tiennent une nouvelle réunion de crise au bureau de leur entreprise. On est assez loin de l’ambiance salsa ou whisky à gogo, ce serait plutôt, bienvenue aux catacombes, tant Michel se demande si le magasin va faire de vieux os.

De quoi se ronger. Pas les os, le sang.

Stress de l’entrepreneur à l’état pur

Alors il intervient : Stop les parents, stop ! C’est impossible, vous ne pouvez pas remettre au pot. On n’est pas la Banque de France. Sinon, vous mettez l’entreprise en péril et tout ce que l’on fait ici depuis 6 ans.

Michel sait qu’en disant cela il fait mal à ses parents, si braves, qu’ils en sont décourageants.

Il est déchiré, pris entre deux feux violents, s’il prend une décision, c’est la cata et s’il en prend une autre, c’est le désastre.

Cool le choix, très cool.

Aux anges, une imbuvable petite voix se charge d’attiser les braises : 

Si tu dis non à ta sœur et à Patrick, ils t’en voudront toute leur vie. Si tu leur dis oui, tous tes efforts depuis 6 ans n’auront servi à rien. Et tout finira par s’écrouler. Vous repartirez tous en slip. Il y a des jours où l’on préfèrerait être loin, très loin, pas toi Michel, hi hi hi ?

Oui, en effet, il y a des jours – en fait tous les jours- où il voudrait vivre aux Seychelles, sur le plateau du Larzac, au Burundi, ou chez… Procter et Gamble, loin, très loin de ces crises à répétition.

Mais il n’a pas le choix.

Ou plutôt, il doit choisir entre la peste et le choléra.

Décidément très cool le choix.

De plus, il a le sens de l’engagement, total, corps et âme.

Les rats ne quittent pas le navire, pourquoi le quitterait-il, lui ?

Alors, du bureau de la brasserie, il décroche son téléphone, parle à Patrick puis Martine.

Instants pénibles.

Jeanne et Paul écoutent et ne perdent pas une miette de la conversation. Michel expose la situation et son point de vue.

Mais que peut-il face à Patrick qui l’assure que les choses iront mieux avec ce nouvel apport, d’autant qu’il ne cesse d’améliorer l’implantation des rayons ?

Alors il subit l’interminable descriptif de ces améliorations et apprend que les clefs de 12 vont émigrer du côté des tasseaux de 8, que lesdits tasseaux de 8 iront prendre l’air du côté du papier peint Coltout que… bla bla bla… tout cela fera grimper les ventes… bla bla bla… donc…

Donc… il faut remettre de l’argent !

Après tout, la grande surface va bien finir par faire parler la puissance de ses 1000 mètres carrés.

Conclusion qui a sa logique.

La porte se ferme donc du côté de Patrick qui veut absolument poursuivre l’exploitation du magasin, lui qui est sur le terrain et voit ce que son beau-frère ne voit pas.

Alors Michel se tourne vers sa sœur pour tenter de lui faire entendre raison.

Mais que peut un frère face aux pleurs de sa sœur, malade, qui réclame le droit pour son époux à faire ses preuves ?

Que peut un frère face à une sœur qu’il aime mais qui ne connaît rien aux chiffres et ne voit que les choses qu’elle veut voir ?

Que peut Michel face à une sœur qui ne voit pas qu’il mène à Paris une vie de chien… dans l’intérêt de la famille, donc dans le sien ?

Mais comment pourrait-il pleurer sur son sort et invoquer sa vie de fou alors que Martine est malade, que tout tourne autour de ce sujet depuis des années et qu’il justifie tout ?

Comment pourrait-il insister auprès de sa sœur alors que tout stress fait progresser sa maladie ?

Comment pourrait-il faire admettre à sa sœur que ses arguments sont mauvais ?

Si l’instant prêtait à rire, comment lui dire qu’en matière de bricolage elle n’a aucun tuyau ?

La mort dans l’âme, mais conscient de l’intérêt supérieur de sa famille, Michel dissuade à nouveau Martine, son mari et ses parents de se saigner encore plus pour poursuivre l’aventure :

–  Mieux vaut se couper un doigt qu’un bras.

Il est convaincant. Son raisonnement est douloureux, certes, mais argumenté, étayé, de bon sens. Il sera donc entendu.

Enfin… pas tout à fait, là encore.

L’adversité aux premières loges

Car Adversité est machiavélique.
Une vraie peste fourbe, avec des tentacules qui attrapent un pied quand le bras s’est dégagé. Elle a donc trouvé la parade.

Face à des arguments de fait, de logique, d’arithmétique, qui poussent Jeanne et Paul à ne plus s’endetter d’un centime pour secourir le magasin, Miss Cata ressort un argument Bouygues. C’est-à-dire en béton.

Un argument sans concurrent, déjà utilisé la première fois, fondé sur l’amour de parents meurtris et désemparés :

Vous ne pouvez pas laisser tomber Martine et Patrick, sinon ce n’était pas la peine d’avoir fait tout ça et d’avoir remis de l’argent une première fois. Vous voulez qu’ils coulent ? N’entendez-vous pas les suppliques de Martine au téléphone ? Voulez-vous vraiment aggraver sa maladie… que se passera-t-il si vous ne l’aidez pas encore une fois ?

Bravo, du grand art Miss Cata, l’affect est de retour, place au bal des émotions.

Que faire, que dire face à un choix aussi cruel ?

Et comme Adversité a une dent contre la famille depuis que Michel et ses parents ont réussi à franchir à Paris le cap fatidique des 6 mois, elle sort de son chapeau un deuxième argument Bouygues.

C’est encore Miss Cata qui se charge de le diffuser dans la tête de Paul et de son épouse… et de les en convaincre :

Si le magasin ferme, faute de qualification et parce que dans une petite ville, celui qui « fait faillite » devient un pestiféré, Patrick ne retrouvera pas d’emploi déplore Jeanne.

Donc, direction l’ANPE, catastrophe supplémentaire pour lui et son épouse. Diabolique Adversité, son argument est parfaitement juste !

Dès lors :
  • cette insupportable perspective,
  • les pleurs de Martine au téléphone,
  • le souci de ne pas aggraver sa maladie,
  • la volonté de Patrick de montrer ce dont il est capable,
  • une si bonne affaire qui finira bien par décoller,

Tout cela fait qu’en frappant au cœur de cœurs brisés, Adversité vise juste et obtient ce qu’elle voulait : pour la seconde fois, Jeanne et Paul donnent leur feu vert à un nouvel apport d’argent.

Fin des conversations dans le bureau de l’entreprise parisienne, une chape de plomb est tombée sur les participants.

Paul prononce une longue phrase :

  • Eh bien…

Jeanne prononce une courte phrase :

  • Qu’est-ce qu’on va devenir, vous comprenez, on ne peut vraiment pas laisser Martine et Patrick comme ça, Martine est malade, bla bla bla… en plus, bla bla bla…

Michel grille une nouvelle cigarette tandis que le cendrier déborde.

Décider et assumer

Comme d’habitude, il s’est projeté dans la suite du film. Il vit déjà l’après car c’est une chose de décider dans le bureau, c’en est une autre d’aller au feu.

Le feu, c’est de prendre son courage à deux mains, et de repartir à l’assaut du banquier, attirant ainsi son attention quand il vaudrait tellement mieux raser les murs et se faire oublier.

C’est aussi de lui faire avaler le contraire de ce qui lui a été dit la première fois, lorsqu’on jurait ses grands dieux que le premier apport de fonds serait aussi le dernier et qu’ensuite, le magasin cracherait des flamme

Egalement c’est d’attendre la délibération du « comité », ces gens très sérieux réunis autour d’une table qui regardent les notes de chaque emprunteur et décident s’il est ou non admis, comme le font les professeurs en conseil de classe.

Dur dur de solliciter une deuxième fois un homme qui a tous les pouvoirs pour stopper l’une ou l’autre des deux entreprises quand il le veut, voire les deux, s’il lui vient des vapeurs.

Oui, dur dur l’humiliation d’avoir à demander encore.

Egalement dur dur de se sentir dépendant d’un oui ou d’un non d’un banquier qui peut jouer les Père Fouettard ou distribuer les bons points, qui montre sa puissance et en même temps sa bienveillance, oui, dur dur de devoir repasser l’oral une seconde fois.

Mais il faut le faire.

Faire ce qui doit être fait

Alors le banquier est contacté, bis repetita. Plus réticent que la première fois, il mise cependant sur l’amélioration des résultats de la brasserie, indiscutables, et donne son accord de principe : d’accord pour prêter une seconde fois.

Ouf de soulagement mais quel paradoxe : être content de s’endetter encore plus !

Il est vrai que l’espoir est au bout du chemin, et que le magasin de Bretagne va trouver son second souffle, comme un coureur dont le départ a été laborieux mais qui commence à remonter ses concurrents.

Et qui finira par les doubler un par un.

En tout cas, il est difficile, ce jour-là, de quitter le bureau après des moments aussi forts, durs, désagréables, si lourds de conséquences, pour retourner sur le terrain – la brasserie – affronter d’autres problèmes, d’autres questions.

Comme si de rien n’était.

En faisant bonne figure auprès des équipes qui ne se doutent de rien.

Et en ayant le sourire « Ultrabrite » alors que l’envie de crier, de hurler, de jouer les Bruce Lee contre la première porte est, de loin, la plus forte.

Ah la vache… ça tanne le cuir !
Cela dit, moins que la suite !

Stress de l’entrepreneur : quitte ou double ?

9) Quitte ou double ?

En province, le soulagement succède à la surprise des débuts difficiles, la bonne nouvelle de ce nouveau soutien détend un peu l’atmosphère… et le banquier local qui, lui aussi, voyait rouge.

Au fond, cet apport de fonds permet au fonds de se relancer dans la course de fond.

Pendant des semaines, de nouvelles améliorations sont apportées aux 1.000 m² de cette prometteuse grande surface de bricolage et c’est maintenant évident, la sortie du tunnel est pour bientôt.

Pour bientôt, mais pas pour tout de suite car…

Car, début 1991, Patrick appelle son beau-père au téléphone : La banque menace de couper les vivres, il faut remettre au pot.

Gifle, coup de poing, tremblement de terre, séisme force 10 sur l’échelle du beau-père aimant, Paul prend de plein fouet ce troisième appel au secours de son gendre.

Patrick a encore besoin d’argent pour le magasin.

Comment cela est-il possible ? Que bricole-t-il dans ce magasin de bricolage ?

Paul prévient Jeanne. Tous deux étaient déjà tombés de leurs chaises, cette fois, ils visitent le quatrième sous-sol.

A leur tour ils préviennent Michel, qui voit se réaliser ce qu’il redoutait.

Son sac de problèmes accueille un nouveau membre, et celui-là est du genre costaud. Car cela veut dire quelque chose.

Incompréhension

Pourquoi ce troisième appel au secours ?

Quid des effets des deux précédents apports, des améliorations apportées par Patrick – les clés de 12 qui devaient remplacer les tasseaux de 8 qui eux-mêmes, bref, pourquoi tout cet argent et tout le travail fourni ne parviennent-ils pas à faire décoller une affaire de ce niveau ?

Pourquoi le trou se creuse-t-il au lieu de se combler ? Si cela continue, à force de creuser, Patrick finira par trouver du pétrole… ou de sérieux ennuis.

En attendant, revoilà Michel et ses parents sur le grill qui, décidément, lui, ne chôme pas.

Et re…re…re…, pour la troisième fois, les mêmes scènes ressurgissent.

Sauf que cette fois, il y a une nouveauté.

Une sacrée nouveauté.

Elle est envoyée dans un beau paquet cadeau enrobé d’un très joli nœud.

Le nom de l’expéditeur ? Adversité.

En effet, le piège s’est refermé : il est devenu impossible de stopper le soutien à Martine et Patrick. Eh oui, s’arrêter là serait tout perdre. Et il faut bien donner le temps à la grande surface de sortir du rouge puisqu’elle en est à deux doigts et que les fonds nécessaires sont deux fois moins importants que les précédents.

Miss Cata exulte, jubile : Rebelote… « quand y’en a plus y’en a encore… », vous devez remettre la main au portefeuille sans quoi Martine ira plus mal, vous aurez tout perdu et Patrick ne trouvera pas d’emploi…

Mais la sorcière va encore plus loin et sort sa botte de Nevers, le coup de Trafalgar, celui qui achève le malade. Elle fait dire à Martine une phrase qui marquera ses parents à tout jamais : Vous allez nous laisser couler pour une si petite somme ? (Sous-entendu… pour vous) ?

Comme si tout allait bien pour ses parents (et son frère), comme si leur situation était tellement florissante, comme s’il leur suffisait d’appuyer sur un bouton pour produire des euros.

Des euros avec beaucoup de zéros.

Comme s’ils ne s’étaient pas déjà mis les tripes à l’air, exposées en plein soleil. Et comme s’ils n’avaient cessé de l’aider depuis le début de sa maladie, faisant tout ce qu’elle souhaitait pour la soulager.

Ou encore comme s’ils n’avaient pas fait l’impossible pour acheter la grande surface puis y injecter des fonds deux fois de suite, tout cet argent qu’ils n’avaient pas, créant leur propre déconfiture.

Et également comme si son frère ne sacrifiait pas sa vie depuis 6 ans pour reconstruire à Paris la situation familiale, tous ses efforts étant anéantis par la situation en Bretagne.

Les vases communicants …

Quelle image et quel paradoxe !

D’un côté, un mur effondré est remonté, un immeuble sort de terre, 6 premiers étages sont construits, un 7ème apparaît. Au même moment, de l’autre côté de l’immeuble, de puissantes tractopelles attaquent sa base pour le faire tomber.

Il faut à Michel une bonne dose d’optimisme et une sacrée foi en l’avenir pour dépasser cette vision des choses.

Et lorsque sa sœur bien-aimée crie au secours : « vous allez nous laisser couler pour une si petite somme… » comment ne serait-il pas écartelé entre son amour de frère et ses convictions profondes ?

Comment défendre son intérêt malgré elle ?

C’est là qu’il faut tenir la barre et souquer ferme car le doigt est dans l’engrenage : bras, jambe et tête vont-ils y passer ?

Re-discussions au bureau de la brasserie, re-conversations téléphoniques avec Patrick puis Martine, re-moments pénibles, où se mélangent les frustrations, les promesses d’amélioration, les perceptions différentes, bref, des conversations âpres, tendues, forcément désagréables.

Michel dit les choses et les redit encore, les non-dits l’insupportent au plus haut point. Mais les chiffres se battent avec les émotions.

Résultat ?

Rien.

Enfin… rien de neuf.

On ne change pas une équipe qui perd.

Patrick et Martine n’en démordent pas, le magasin va décoller et eux avec lui. Il faut juste passer cette mauvaise période et donc apporter cette « petite » somme (en comparaison des autres) la dernière, promis, craché, juré. Les pleurs de Martine sont de sortie, les assurances de Patrick aussi.

Et, dans la tête de Jeanne et Paul, raisonne en boucle cette redoutable phrase : « Vous allez nous laisser couler pour une si petite somme ? »

Séquence émotions

 Alors Jeanne donne son avis :

On ne peut pas laisser Martine et Patrick comme ça. Ils nous le reprocheraient toute leur vie. Patrick dit que ses améliorations vont se voir bientôt.

Et puis Gérard s’y connaît mieux que nous quand même… c’est un as des grandes surfaces. S’il dit que l’affaire est bonne, c’est qu’elle est bonne, il y a donc juste à travailler et remettre un peu de sous, voilà ce que je pense… on ne peut pas laisser Martine et Patrick comme ça.

Paul ne s’oppose pas à ce point de vue, ou n’ose pas s’y opposer.

Michel redit ce qu’il a déjà dit mais prêche dans le désert : ni sa sœur, ni son beau-frère, ni ses parents ne l’entendent.

Prêcher dans le désert

Beau succès, Michel, félicitations, quel pouvoir de persuasion ! Pour la troisième fois, l’affaire est donc pliée. Envers et contre tout, Jeanne et Paul vont à nouveau servir de garantie pour ce nouvel apport… si le banquier dit oui.

Rebelote et dix de der.

Cela devient une habitude, une spécialité maison, de retourner à la pêche aux fonds, pour alimenter un puits sans fond.

Or, pour la troisième fois le banquier dit oui.

Non sans assurer que ce sera la dernière et qu’il montrera les crocs si les choses se passent mal, précisant aussi qu’il accorde cet ultime concours au vu des résultats obtenus dans l’entreprise parisienne.

Le sentiment de Michel est alors contradictoire.

D’un côté, comment ne pas voir dans ce feu vert du banquier une reconnaissance de tous ses efforts et un clair soutien pour la poursuite du redressement de la société, élément évidemment décisif ?

De l’autre, les fonds empruntés le sont pour le magasin de Bretagne sur lequel il n’a aucune prise.

Et pas de prise dans un magasin de bricolage, c’est un comble !

Il se sent donc engagé sur quelque chose qu’il ne cautionne pas – le soutien inconditionnel au magasin de Bretagne – et sur lequel il ne peut agir, d’où un malaise dont il se serait bien passé.

Quel stress (bis) !

Du coup la pression sur ses épaules monte d’un cran supplémentaire.

Son sac de problèmes est plein comme un œuf, heureusement son sac d’acquis grossit lui aussi, mais, se dit-il… quelle vie ! 

Pression à Paris, pression en Bretagne, pression le matin, le soir, partout, la pression est si forte qu’il frise la dépression.

Au quotidien, les soucis s’empilent comme les voyageurs dans le train des vacances un 1er août.

Parfois, les mâchoires se crispent, les réactions se font impulsives, les nuits courtes creusent les traits, un vrai paradis… plaisanterie bien sûr, car ce ne sont là que quelques manifestations de la maladie du siècle : le stress.

Ce fameux stress, présent 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, dans toutes ses colorations, sous ses formes les plus agressives, merci Adversité, quel honneur de soigner aussi bien Michel et sa famille.

À ce stade, la question en vogue est : comment tout cela va-t-il finir ?

Que va-t-on devenir ? dirait Jeanne.

Dans le quitte ou double qui leur était proposé, elle et son époux ont choisi « double », c’est-à-dire remettre à nouveau au pot.

L’avantage est que, Patrick l’a dit et redit, ce troisième et dernier apport de fonds place définitivement le magasin sur les bons rails. Reste à savoir si des rails permettent de décoller, mais, au diable cette considération technique, toute amélioration sera bonne à prendre, qu’il pleuve, vente ou neige. Et le moment n’est pas à disserter sur la différence entre espérer une embellie et la constater dans les faits, le moment est à l’action.

Fort du soutien supplémentaire obtenu de ses beaux-parents, Patrick retourne donc à l’ouvrage. Pour le meilleur, espère-t-on. Mais qui l’espère ?

Certainement pas Adversité, la coquine a prévu autre chose pour la famille de Michel. En grande tenue de soirée, éclatante, scintillante, elle s’est mise sur son 31.

Soudain elle frappe à la porte de Paul sous forme d’un appel téléphonique de son gendre.

Patrick, abattu, annonce :

  • On n’y arrive pas, on s’enfonce au lieu de décoller, la banque ne paie plus, c’est… c’est la fin.

Une, trois, cinq vies basculent d’un coup.

Le Titanic

On dirait le Titanic au moment où, coupée en deux, la proue se soulève puis bascule et s’enfonce dans les profondeurs de l’océan glacé. Emportant tout sur son passage, même son courageux orchestre, quelle fausse note…

La nouvelle dévaste Paul. Il la craignait, la redoutait, maintenant elle est là et bien là : cette si belle affaire de bricolage a coulé à pic. Comme le Titanic.

Et dire que deux ans avant, elle symbolisait le renouveau de la famille, une chance formidable pour Patrick et Martine. Ce jour-là le champagne avait coulé à flots… d’autres flots engloutissent aujourd’hui le magasin et la famille de Michel.

Montagnes russes une fois de plus, les « hauts et bas » de l’existence comme on dit.

En tout cas, la société est liquidée judiciairement. Adversité et Miss Cata sont les plus fortes, toujours en tenue de soirée, elles dansent et virevoltent sur les cendres de leur ennemi juré : Michel et sa famille.

Décidément, il ne fait pas bon vouloir résister à ce couple infernal.

Histoire classique d’une affaire en difficulté ?

Pas du tout.

Car, l’histoire ne s’arrête pas là… elle commence seulement.

Découvrez ici prochainement la suite de cette histoire vraie bigreme, formatrice. Et préparez-vous à lire quelques surprises et d’hallucinants ascenseurs émotionnels.

Ce parcours et ses multiples enseignements aide aujourd’hui des milliers de personnes. Si vous l’appréciez, et pensez que la vie est plus forte que tout, alors partagez cet article… 🙂

Lire la suite : Stress du dirigeant : Quand l’adversité ne vous lâche plus

Craquer ou pas ? Un récit qui coupe le souffle et aide le lecteur dans son quotidien

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Une incroyable histoire d’homme et d’entrepreneur au service de vos équipes. Jean-Luc Hudry est plébiscité pour le contenu riche et la forme originale de ses conférences. Accessoires, anecdotes, et humour y sont des invités permanents. Son énergie communicative fait le reste. A 27 ans, tout va bien pour lui. 6 ans d’études de management et la voie royale dans une société américaine. Soudain, l’Adversité bouleverse sa vie : la PME familiale sombre et va vite disparaître. Il quitte alors son poste et devient du jour au lendemain, un entrepreneur confronté à l’enjeu écrasant de tenter de sauver des dizaines d’emplois et le patrimoine de ses parents. Passant par tous les postes, il développe un management inspirant fondé sur un optimisme opérationnel « orienté Solutions » et réussit l’impossible : sauver la société au point de la conduire près de 20 ans, manageant au total plus de 1000 personnes. Mais l’adversité s’acharne et bouleverse encore sa vie via une seconde histoire, inouïe et à l’enjeu vital. De celles qu’on ne souhaite pas à son pire ennemi. Pas le choix, il doit à nouveau affronter les événements les plus durs et rebondir ou… Pendant des années, il persévère, raisonne Solution et transforme les épreuves en opportunités, le stress en énergie, le pessimisme en une détermination qui soulève les montagnes. Et il obtient, là encore, de retentissants succès que personne – absolument personne – ne croyait possibles. Surnommé « le Solutionneur », il est aujourd’hui suivi par des milliers de personnes qui s’approprient ses clés du mieux-vivre dans leur vie personnelle et professionnelle. NOUVEAU : "Ca va comme un Samedi... même le Lundi" est le premier livre sur l'optimisme pratique au bureau et dans la vie personnelle. Conférencier labellisé et membre de l'AFACE. Il est aussi speaker de la Ligue des Optimistes de France et son délégue pour Paris. En résumé, Il aide vos équipes à mieux être et à mieux faire : Optimisme opérationnel, Changement, Motivation, Cohésion et Leadership.